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 La technique selon Heidegger : Comment en rester maîtres ?

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N. Vauthier (Admin)
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Nombre de messages : 393
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: La technique selon Heidegger : Comment en rester maîtres ?   Lun 3 Avr - 10:00

HEIDEGGER PHILOSOPHE ALLEMAND 20eme s

Fin 19eme-début 20ème : AVENEMENT D'UN « MONDE de la TECHNIQUE »

A l'origine : la technique est un moyen, un savoir-faire, un pouvoir en vue d'une fin supérieure. Ex : La technique médicale se justifie par le fait de soigner.
Aujourd'hui : On s'intéresse aux moyens pour eux-mêmes. On pense à utiliser les moyens à tout prix sans toujours se poser la question de la raison, du but dans lequel on l'utilise, ce but est-il toujours justifié ?

« Un bon technicien » de la médecine pourra aussi bien mettre son savoir au service de la guérison que de l'euthanasie ou de l'acharnement thérapeutique.
Cf la thèse de l'historien Philippe Ariès (20eme s) : Idée de « la mort interdite » : Utiliser toutes les ressources de la technique médicale pour retarder la mort même si aucune guérison ou amélioration n'est possible.

= Fascination pour le pouvoir que nous donne la technique sans considérer la légitimité de ses buts (ou « fins »)

Heidegger considère qu'une rupture s'est opérée dans le monde occidental :

Au 16e"10 siècle : Rationalisme : Descartes : confiance en la raison pour connaître la nature = Elaboration des lois scientifiques. Mais aussi pouvoir donné à l'homme pour la dominer.
L'homme doit « se rendre maître et possesseur de la nature » Descartes, MAIS il y a toujours un but supérieur qui est visé.

Par ex au 18-début I9eme : On a une vision dominatrice du monde, il faut exploiter les ressources naturelles, inventer et développer des nouvelles techniques mais dans le but supérieur auquel on croit : Le Progrès, la Civilisation, la Liberté ... Il y a une « raison objective » qui fixe des fins.

A partir de la fin du 19e et au 20e siècle, la raison devient une « raison instrumentale » Les moyens (efficacité, rendement, productivité) deviennnent des fins
(principes de l'économie libérale mondialisée) : On développe pour développer.
On délocalise des entreprises pour gagner plus d'argent. Mais pourquoi gagner plus d'argent ? Pour capitaliser et en gagner encore plus ? ?

On ne s'interroge plus sur les fins :

Ce développement, selon Heidegger, n'est plus un « progrès » car il est « définalisé » : II n'y a plus de critères extérieurs pour en juger la valeur (plus de causes « finales », seulement des causes « efficientes ») : Les gens sont-ils plus heureux ?

Les individus ont un sentiment de « dépossession » (voir aussi Marx à ce sujet) . Ils sont pris dans une logique de marché : II n'y a plus d'objectifs politiques mais des objectifs économiques.

Autre illusion : La technique comme critère de vérité.

Est vrai ce qui réussit, ce qui marche. La doctrine ultra-libérale « marche » (certains s'enrichissent...) mais est-ce un critère suffisant pour dire que c'est une bonne doctrine ? Si on la juge en termes d'efficacité, peut-être. Si on s'interroge sur ses buts profonds... c'est plus discutable ((recherche sans fin du profit, sans considération des conséquences sociales, produire toujours à plus faible coût...)
Culte de la perfgormance. IL faut être « utile ».

Autre problème soulevé par Heidegger : Cette activité technique infinie et définalisée conduit à « l'ennui ».
L'homme désire toujours plus = surconsommation (bonheur ? ?) Désir d'objets nouveaux, désir de réussite
sociale ... mais « pourquoi ? ». Se manifeste un « oubli de l'être » c'est à dire un oubli du sens réel profond de notre existence.

Inutilité paradoxale de la technique. En un sens trop de technique remet en cause son utilité.

Au départ on a besoin des techniques d'abord pour « vivre », puis pour « bien vivre » (Aristote), donc les techniques ont bien un but extérieur et elle concourent à notre bien-être voire à notre bonheur car elles nous facilitent la vie, rendent des tâches moins pénibles, elles procurent donc une libération.

Mais plus elles se développent, et plus l'homme en devient dépendant, voire esclave. Il devient lui-même un objet, un outil au sein d'un grand appareil de production mondial. Il travaille, il gagne de l'argent, il consomme.
Mais il est dépassé par ce système : « Et à quoi sert l'utilité ?... » (Lessing)
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