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 Travail réalisé par Nicolas et Hélène (TES1)

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Hélène B



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 05/09/2006

MessageSujet: Travail réalisé par Nicolas et Hélène (TES1)   Lun 15 Jan - 10:46

Travail réalisé par Nicolas et Hélène (TES1)


Analyse du texte de Heidegger



L’être humain possède le langage et est capable de penser par lui-même. Est-il possible d’affirmer que le langage et la pensée sont deux éléments indissociables ? Il est doué aussi de parole. Comment peut on la définir? Doit on assimiler langage et parole ? La langue est une forme de langage propre à une société, elle même régie par sa culture. Or celle-ci correspond à l’ensemble des règles, des modes de vie, des traditions qui caractérisent une société. Peut on dire dans ce cas que c’est la culture qui donne naissance à la langue ? On dit souvent que la parole est naturelle à l’homme, mais que signifie ici le terme « naturel » ? Si elle est naturelle à l’homme, qu’en est-il des animaux ?




Selon Heidegger, « l’être humain parle ». L’auteur définit donc ici le caractère universel de l’homme, qui est doué de langage, mais qui est également capable de penser par lui-même. D’après Alain, « penser, c’est dire non ». Cela signifie que la pensée et le langage sont indissociables. En effet, le langage correspond à un ensemble de signes qui servent à communiquer ses pensées ou à représenter le monde. Il n’y a pas de pensées sans langage, ni de langage sans pensées. Le langage témoigne de la capacité de penser. Le langage n’est donc pas qu’un simple outil de communication, mais l’expression de la pensée. Voila pourquoi on dit que le langage est le propre de l’homme. La pensée, comme le langage, se forment grâce à un code commun, que ‘on appelle la langue. On peut la définir comme étant une forme de langage propre à un groupe donné. « L’être humain parle », c’est-à-dire qu’il s’exprime dans une certaine langue. Or c’est la culture propre à une société donnée qui définit la langue. L’homme ne peut utiliser une langue que s’il est immergé dans une culture spécifique. Mais qu’est ce que la culture ? Elle correspond à l’ensemble des modes de vie, des valeurs, des règles, des croyances et des traditions qui caractérisent une société. Sans la culture, l’être humain ne pourrait s’exprimer dans la langue qu’il a appris. En 1 920, deux enfants sauvages ayant été élevés par des loups ont été recueillis. Ces fillettes ne s’exprimaient à travers une langue car elles n’avaient pas été élevées dans une culture spécifique, et par conséquent, elles n’avaient pas appris de langue. Ceci prouve bien que la langue existe grâce à la culture que les individus ont reçus. En outre, « L’être humain parle », signifie qu’il dit « je », ce qui correspond à son identité propre. Le « je » est l’expression de soi : il implique un principe d’unité et c’est grâce à des images extérieures que le « je » s’unifie de l’intérieur. Le « je » traduit aussi le principe d’unicité, et pour être unique, le sujet pensant doit se comparer aux autres. C’est donc par la société qu’on peut être un individu unique. Il faut alors que le « je » soit immergé dans une culture qui lui transmettra des valeurs qui le rendra différent des autres. Enfin, le « je » implique la volonté de rester le même. Mais bien souvent, la culture propre à la société à laquelle appartient l’individu agit sur lui, modifie ses valeurs et son comportement. L’être humain qui s’exprime par lui-même est donc conditionné par la culture qu’il a reçu. L’individu « parle » donc grâce à la culture. La culture et le langage se révèlent donc indissociables.
Heidegger emploie également le terme « éveillés ». L’être humain parle « éveillé », cela signifie qu’il pense et qu’il a conscience de penser. La pensée est une activité organisée, c’est-à-dire que toute pensée est consciente. Descartes a montré que la conscience et la pensée étaient deux notions indissociables. Il a douté de tout et a établit une certitude : si l’individu doute, cela signifie qu’il pense, donc qu’il a conscience de douter et de penser, comme l’indique la célèbre phrase : « je pense donc je suis ». De même, le langage et la pensée sont indissociables : il n’y a pas de pensée sans langage, ni de langage sans pensée. La pensée traduit donc le fait d’avoir conscience et permet de faire usage du langage. La conscience, la pensée et le langage sont donc indissolubles. L’auteur ajoute aussi que l’individu « parle en rêve ». Selon Freud, « le rêve correspond à la voie royale pour accéder à l’inconscient ». L’inconscient protège la conscience la conscience et sert à déverser tous les éléments inconcevables. Comme le langage permet d’exprimer ses pensées, le rêve est l’expression de l’inconscient. L’individu « parle en rêve » signifie qu’il exprime un désir latent. Il « parle en rêve », c’est-à-dire qu’il n’a pas conscience de penser. Il exprime un désir refoulé, sans en avoir conscience. La parole, comme la pensée, est alors inconsciente. Enfin, Heidegger ajoute que l’individu parle « sans cesse même » quand il ne prononce aucune parole. En effet, la parole et le langage sont deux notions distinctes. Il ne faut pas assimiler la parole au langage : le langage n’est pas comme la parole un simple outil de communication, mais l’expression de la pensée. « Nous parlons » signifie que nous utilisons le langage, même si nous ne faisons pas usage de la parole. Nous pensons, nous utilisons le langage, sans utiliser la parole. Cette capacité peut-elle être alors définie comme étant naturelle ?




Heidegger affirme que « parler nous est naturel », c'est-à-dire que cela provient de son développement autonome et intervient spontanément. C’est donc une caractéristique innée de l’Homme. Selon Heidegger, « nature » correspond à « nature humaine », à comprendre qu’elle définit les caractères fondamentaux de tout les hommes, sans exception, sans distinction de cultures, de races, d’époques. C’est dans la « nature » de l’homme de communiquer, il a toujours eu besoin d’échanger avec ses semblables et s’est donc créer pour cela des langues : de l’antiquité à nos jours, l’Homme a toujours eu en commun d’avoir une langue. Voila pourquoi Heidegger définit la parole comme naturelle chez l’Homme. Néanmoins, le langage est fabriqué par la culture. L’individu est conditionné par la société dans laquelle il vit et une part de ce conditionnement est la langue qu’il doit apprendre pour être accepté par ses semblables. C’est le cas notamment des enfants sauvages : élevés par des loups, ou êtres de nature, ils n’ont jamais appris de langage propre qui leur permettait de s’exprimer et de communiquer avec les autres. L’enfant sauvage ne développe pas le langage s’il n’appartient pas à une culture spécifique et s’il n’a pas de confrontation avec d’autres humains. Ce terme de « naturel » est donc à nuancer puisque la culture joue pour beaucoup dans la faculté que l’Homme a à faire usage du langage. En revanche, une fois ce langage appris, la parole vient automatiquement et devient spontanée, comme peut l’être la pensée. Avant d’utiliser la parole, l’individu ne pense pas forcément précisément à ce qu’il va dire. Parler devient une habitude, comme le fait le matin de saluer les personnes qu’on croise. En effet, on ne se dit pas « vais-je lui dire bonjour ? », on le fait de manière tout à fait naturelle. C’est ce que l’auteur exprime en disant que la pensée ne serait pas « antérieure » au langage qui est par ailleurs le propre de l’homme. L’homme apprend à penser à travers l’apprentissage de la langue.
Cette faculté que l’homme possède fait de lui, selon Heidegger, « le vivant qu’il est en tant qu’Homme ». C'est-à-dire que seul lui parmi les êtres vivants peut faire usage du langage. Selon des philosophes comme Descartes, les animaux ne parlent pas, mais leur aptitude, restreinte, à communiquer est due à une accoutumance à certains gestes. Par exemple, un chat qui se met devant une porte sait que ses maîtres le feront sortir, mais il ne le dit pas clairement. On peut aussi parler dans ce registre des expériences du russe Pavlov qui a démontré que c’est cette accoutumance qui provoque certaines réactions chez les animaux, dans ce cas précis un son de cloche faisait saliver des chiens. Mais il faut effectuer un long travail de répétition pour arriver à ce résultat, contrairement à l’Homme qui peut acquérir des automatismes tout de suite. Selon Benveniste, l’animal obéit à la parole, car il a été dressé à la reconnaître comme signal, mais contrairement à l’Homme, il ne saura jamais l’interpréter comme symbole. Même si chaque animal à un cri bien particulier, on ne peut pas parler de langage, mais plutôt de l’action de proférer des sons, différente de l’expression des sentiments, d’une pensée et du langage. Mais des divergences existent entre les philosophes. Pour Montaigne, il n’y a qu’une différence de « degrés d’intelligence » et non de nature entre Homme et animal. Les Hommes posséderaient un degré d’intelligence supérieure aux animaux, on parle alors de « fait accidentel ». Certains disent que le langage n’est qu’une des facultés de l’Homme, mais Heidegger insiste en disant que le langage permet de dire que l’Homme est un être vivant capable de parole, c’est un « fait essentiel » pour lui. L’Homme est Homme car il est doué de langage, or celui-ci est indissociable de la pensée, c’est donc dans son essence même de penser.




On peut assimiler pensée et langage, c’est pourquoi on peut dire que le seul être capable de parole est l’Homme. En revanche, c’est par la culture propre d’une société que l’individu acquiert sa langue, qui est une forme de langage propre à une société. On peut dire aussi que le langage est « naturel » à l’homme, à partir du moment où il a intériorisé la langue maternelle. Mais le terme « naturel » est à nuancer puisqu’un individu privé de culture ne possèdera pas le langage.
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