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 Synthèse de "Tenir tête à la mort" par Patrick Dec

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julieC

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Date d'inscription : 17/12/2007

MessageSujet: Synthèse de "Tenir tête à la mort" par Patrick Dec   Mar 18 Déc - 1:16

Patrick Declerck rédige ce texte après avoir appris qu’il était victime d’une tumeur au cerveau. Sa philosophie, fortement ancrée dans celle Stoïcienne, dévoile une vision sur la mort qui peut déranger de part sa franchise et sa vive intensité


L’Hyperréalité de la maladie :
Il expose son cas qu’il juge paradoxal étant donné qu’il est atteint d’une « hypertrophie de la connaissance » et qu’il ne peut se dire « malade » vu l’instabilité de l’affection.
Cependant, il sait son cas incurable ( cf. réflexion sur la réalité fataliste de l’OMS) mais banalise le trépas.
En effet, son penchant stoïcien lui permet de maîtriser l’idée de la mort. Celle-ci fait partie du destin des Hommes, et certains ont la capacité de lui faire bon accueil.

« La mort, qu’est-elle ? Un épouvantail. Retourne-le et tu verra ; regarde, il ne mord pas. »Epictète
Dans la conception Platoniste, « philosopher, c’est apprendre à mourir. ». C’est-à-dire qu’il y a l’intelligible et le sensible hors de l’homme ;et l’âme ( dont le lieu véritable est le monde intelligible des Idées) et le corps (apparence physique vouée à disparaître) dans l’homme. Le corps est un brouillard qui empêcherait l’âme de percevoir avec netteté le ciel des Idées. Pour Platon : le corps est une prison, le corps est un tombeau. La mort est donc une délivrance : une libération hors de la prison, une renaissance hors du tombeau.

Declerck remet ici en cause l’intérêt et la pertinence de la conscience dans son cas. Qu’est-ce que le Moi quand celui-ci est assailli par un arsenal pathologique ?
Il se réfère à la Critique de la Morale par Nietzsche. Ce dernier avait effectivement démontré les limites de la conscience par l’opposition du Ressentiment aux dithyrambes.

Le Refus des Illusions consolantes :
Declerck signale ici la tendance à chercher un coupable lorsque les causes (l’étiologie) du mal sont inconnues.
Toujours en référence au philosophe allemand Nietzsche, il critique le « réflexe archaïque de la pensée religieuse ». En effet, la société actuelle participe à la culpabilisation en conseillant, légiférant, interdisant…Or, ce que l’homme omet, ou refuse, c’est que la mort nécessite « d’être confronté au non-sens ». L’homme n’acceptant pas une mort sans sens, « stupidement somatique et mécanique » ( au même titre que la naissance par ailleurs)
Declerck évoque aussi l’optimiste et naïve volonté de croire que l’on peut changer son destin.

« Les destins conduisent celui qui veut, ils traînent celui qui ne veut pas »
Sénèque

A la manière de Spinoza, Patrick Declerck s’insurge contre la superstition et le préjugé finaliste par l’analogie des remèdes miracles ou des actions (plus ou moins mercantiles !) divines.

Enfin, l’écrivain nous confesse sa peur de la guérison au dépend de l’amenuisement du patient. En effet, la médecine d’aujourd’hui permet de faire survivre plus longtemps sans pour autant éradiquer la maladie, d’où la conclusion d’une mort plus lente et plus douloureuse.

Le choix d’une mort libre :
Declerck, dans l’impasse d’une maladie irrévocable, songe au suicide. S’appuyant sur Sénèque, il finit par considérer le sabordage de soi-même comme « une mort libre ».

Les Stoïciens ont fait l’éloge de la mort volontaire, les Romains l’ont même estimé comme un accomplissement pathétique et spectaculaire de l’effort sur soi qui caractérise le mouvement de pensée stoïcienne.
De surcroît, Declerck voit dans le suicide une façon de mourir alternative, presque hors protocolaire. Abjurant la normalité qu’il définit d’obéissance, de bonne volonté, « qui signifie se plier aisément ».

Il pense que « le mépris de la vie » n’est pas une action négative mais au contraire peut acheminer à une sublimation de la pensée.

Bien que le suicide soit une mort libre, il distingue néanmoins « le suicide psychopathologique ou drapé des oripeaux d’une espèce de romantisme vaguement nauséabond » à un « suicide érigé en réponse du sujet vacillant […] face à l’inéluctabilité de sa propre dégradation. » Ainsi, la véritable Mort Libre serait celle d’un Moi emprisonné et contraint à une mort irrémédiable.
Ce type de suicide peut se rapprocher à l’euthanasie dans la mesure où l’homme doit décéder dans la dignité et le respect, « une sortie vers le haut, plutôt que vers le bas ».

Declerk confie que la rédaction de ce texte est due à l’extrème solitude devant la mort. En effet malgré l’entourage qui soutient dans une telle période, le face-à-face avec la mort est inviolable par autrui et renforce le sentiment de claustration.


L’Îlot du langage :
C’est ainsi pour ne pas se taire devant l’inacceptable, pour ne pas subir la fatalité qu’il écrit sa « protestation esthétique et vaine. »
Esthétique en effet, mais dans le sens de sensibilité. Selon Kierkegaard, l’homme du stade esthétique vit dans l’instant, sans engagement ni foi, avec pour seul désespoir celui de ne pas avoir de Moi. L’homme esthétique ne s’arrête à aucun plaisir durable, à aucune promesse, à aucun engagement.
Ici, on peut considérer Declerck comme une homme esthétique dans l’optique qu’il rempli les conditions érigées par Kierkegaard.


Profiter enfin de la vie :
Et si profiter de la vie n’était pas finalement se divertir ? Declerck défend cette idée par le fait que l’Homme se lasse de tout et que le « divertissement ne tient qu’un temps »
Ainsi, l’homme se re-concentre sur ce dont il est (écrire pour Patrick Declerck en l’occurrence). C’est ainsi que l’écrivain nous livre sa vision du bonheur : un « déploiement de son essence propre. »
Comme le dit Pascal, le divertissement est tout ce qui détourne l’homme de son salut.

La pensée contre l’affect :
Declerck offre ici sa conception de la philosophie. Pour lui, qui se trouve dans une situation délicate, la philosophie permet une vie meilleure et plus grande et une mort digne (Pour Kant, la dignité est le fait qu’un homme existe en tant qu’être raisonnable)

Declerck cite le Tetrapharmakon (ou tétralemme : choix de quatre solutions paraissant également impossibles) selon lequel il est découlerait le Bien et le Mal.

Revenant à sa remise en cause de l’idéalisation de la conscience, il reproche son vide et son aspect insaisissable. De même pour la volonté dont il reprend la théorie de Schopenhauer selon laquelle elle n’existerait pas. Ainsi, conscience et volonté seraient vides ou absentes, donc imperceptibles, ce qui conduirait à une définition difficile du Moi.
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