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 dissert Arnaud Clochard

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Arnaud C



Nombre de messages : 6
Date d'inscription : 01/10/2008

MessageSujet: dissert Arnaud Clochard   Lun 27 Oct - 5:27

Dans le langage courant, l’expression « être hors de soi » est employée pour désigner un état émotionnel particulièrement intense comme par exemple l’effet d’une forte colère ; mais cette signification est très simplifiée .Ainsi être « hors de soi » peut avoir de nombreux sens en fonction de la définition même du « soi ». En effet le « soi » peut être considéré comme étant le conscient, le corps ou encore l’individu dans sa globalité… De cette manière est-il possible d’être « hors de soi » ? Nous pourrons voir que la variabilité des sens de « soi » entraînera différentes réponses ;certaines admettrons la possibilité d’être « hors de soi » ;d’autres la refuserons et enfin nous verrons que la limite entre le fait ou non d’être « hors de soi » est parfois difficile à saisir.

Si l’on considère que le « soi » est défini comme étant le conscient d’un individu alors le fait d’être « hors de soi » se rapporterait au dépassement de ce conscient et à sa domination dans certains cas. Le psychanalyste Freud a exposé l’hypothèse qu’il existe deux parties dans notre esprit : une partie consciente et une partie inconsciente. Selon lui notre conscient se rapporte à l’analyse du monde extérieur, à notre réflexion et notre inconscient servirait lui à protéger la conscience en intériorisant certains interdits mais de manière non raisonnée. Ainsi si le « soi » est défini comme étant le conscient, le fait d’être « hors de soi » serait lorsque notre inconscient s’exprime. De cette manière on pourrait être « hors de soi » dès que notre inconscient prendrait le dessus sur notre conscient ; Freud disait lui-même : « Le moi n’est pas maître dans sa propre maison ». Ainsi il existe de nombreux exemples où l’individu est « hors de lui » et où son inconscient prend le dessus sur son conscient notamment dans le cas du rêve ou du somnambulisme. Notre inconscient domine complètement un rêve. Un individu ne choisit pas de faire un cauchemar car c’est une sensation désagréable ; il ne peut rien contrôler car son inconscient le domine tout comme dans le cas d’un somnambule qui ne contrôle pas son corps car c’est l’inconscient qui le fait. Donc on pourrait dire que lorsque l’inconscient prend le dessus sur le conscient cela reviendrait à dire que l’on est « hors de soi » de manière inconsciente. Par exemple dans notre société un individu peut changer de comportement, imaginons qu’il soit d’un naturel très enthousiaste, il va face à quelqu’un qu’il ne connaît pas être réservé et cela va se faire de manière inconsciente. Il est donc « hors de lui » car il n’est pas en accord avec sa nature profonde. Un individu peut donc être « hors de lui » de manière inconsciente mais on peut alors se demander si il est possible qu’il soit « hors de lui » de manière consciente ?
Si le soi est défini comme étant l’individu considéré dans sa globalité avec son conscient, son inconscient et son corps alors il est plausible de penser qu’il est possible d’être « hors de soi » de manière consciente lorsque toutes ces parties sont « hors d’elles ». Ainsi par exemple en fonction du métier d’un individu, ce dernier peut être « hors de lui » de manière consciente comme l’explique Sartre lorsqu’il décrit un garçon de café dans « l’être et le néant » ; cet individu est « hors de lui » car il donne la représentation d’un personnage stéréotypé qu’est le serveur avec son pas rapide et ses attitudes typiques. L’individu n’est plus considéré comme une personne unique car il est réifié ; il est un serveur. Cet individu est donc « hors de lui » de manière consciente. Et c’est le cas pour de nombreux métier comme soldat ou encore avocat…Prenons un autre exemple : dans la vie de tous les jours chaque individu modifie de manière inconsciente son comportement cependant ce phénomène peut également se faire de manière consciente et volontaire en fonction des gens qu’il rencontre et des situations. Ainsi quelqu’un de très enthousiaste va être réservé face à quelqu’un qu’il ne connaît pas et il va être « hors de lui » car il ne va pas agir et penser de manière naturelle. Il ne va pas forcément répondre comme il le pense à cette personne pour être bien vu ou encore pour faire semblant d’adhérer à une même cause, et tout cela se fait de manière consciente. On peut également se demander si un acteur est « hors de lui » de manière consciente quand il joue un personnage, car il peut jouer un personnage qui a des opinions complètement différentes de lui et avoir également un comportement différent et tout cela se fait de manière consciente. Est-ce que pour autant on peut dire qu’il est « hors de lui » ?
On voit donc qu’en fonction du sens de « soi » il est possible de dire qu’un individu peut être « hors de lui » mais est-il possible de dire qu’il ne l’est pas.

Si l’on prend le « soi » définit comme étant l’esprit, un tout, sans dissocier l’état de conscience ou d’inconscience alors il est impossible de dire que l’on peut être « hors de soi » de manière inconsciente (quand l’inconscient prend le dessus sur le conscient) car se serait dissocier l’esprit. Ainsi selon Alain l’inconscient fait partie intégrale du moi car selon lui séparer l’inconscient du conscient pourrait être dangereux et permettrait à un individu par exemple dans le cadre d’un jugement de se justifier en plaidant le fait qu’il était « hors de lui » de manière inconsciente. Sartre développa la même idée et en vint presque à nier l’existence d’un inconscient en disant : « La conscience se ment à elle-même et prétend être inconsciente » ; ainsi l’individu ne peut pas se justifier car dans le cas contraire il pourrait être de mauvaise foi et faire croire qu’il n’était pas conscient de ses actes ; qu’il était « hors de lui » de manière inconsciente même si il est responsable. De plus le fait de ne plus avoir conscience ne signifie pas forcément être « hors de soi » de manière inconsciente. Ainsi comme l’explique Leibniz dans « Nouveaux essais sur l’entendement humain » l’individu n’a plus conscience des gestes habituels qu’il fait, comme ouvrir une porte car l’accoutumance lui à fait perdre conscience de cela cependant si est provoqué chez lui un stimulus extérieur alors il reprend conscience de ce geste comme par exemple quand une porte est difficile à ouvrir et quand l’individu force pour la faire pivoter. Ainsi le fait de ne pas avoir conscience ne rime pas forcément avec être « hors de soi » de manière inconsciente. Enfin selon Descartes l’homme se définit par la pensée par conséquent être « hors de soi » signifierait que l’homme ne pense pas ou ne pense plus or un homme aussi stupide soit-il pense et se distingue de l’animal ; il ne peut donc pas être « hors de lui ». Ainsi nous avons vu que « le soi » définit comme étant l’esprit ne permet pas à un individu d’être « hors de lui ». Mais alors est-il possible avec cette définition du soi d’être « hors de soi » de manière consciente ?
Prenons le cas de l’acteur. Cet acteur semblait « hors de lui » de manière consciente comme nous l’avons vu précédemment. Cependant ce n’était qu’une impression. Le rôle d’un bon acteur est de faire croire au publique qu’il est « hors de lui » ; qu’il rentre dans la peau de son personnage. Mais même si il parait « hors de lui » il ne l’est en aucun cas : toute sa gestuelle est pré calculée par le metteur en scène et il ne fait que l’appliquer ; il doit se placer de telle ou telle manière sur la scène, en fonction de l’éclairage ou encore pour renforcer le côté dramatique d’une scène ; tout cela fait qu’un acteur n’est jamais « hors de lui ». Il joue à être « hors de lui ». De plus si l’on prend une autre définition du « soi » ; considérons comme le pense Sartre que se sont les actes qui définissent un individu, qui définissent le soi et que les actes se rapportent au fait d’être libre. Alors le « soi » serait par conséquent définit par des actions, des choix libres ; ainsi être « hors de soi » signifierait ne faire aucun choix or chaque individu à son échelle effectue des choix plus au moins difficiles ; il est de cette manière impossible d’être « hors de soi ». Cependant il est vrai que les individus font parfois semblant de ne pas être libres pour ne pas avoir à faire de choix ainsi ils font croire qu’ils sont « hors d’eux » mais ils ne le sont pas, ce n’est qu’une impression car ils ont toujours le choix même si ce dernier est très difficile ou si il implique quelque chose en contrepartie comme l’explique Sartre dans « L’être et le néant » quand il décrit une scène de séduction. Ainsi nous avons vu qu’il était à la fois possible et impossible d’être « hors de soi » en fonction du sens de « soi » mais quelle est alors la limite entre le fait ou non d’être « hors de soi ».


Reprenons le cas du « soi » définit par des actes. Nous avons vu précédemment que l’on pouvait considérer que de cette manière il était impossible d’être « hors de soi » ; cependant prenons comme exemple un ivrogne, il croit être libre car il est conscient de ses actions cependant il est ignorant des causes de ces actions alors est-il lui-même ou est-il « hors de lui ». Un ivrogne est sous l’effet de l’alcool et n’est plus lui-même alors la limite entre le fait ou non d’être « hors de soi » serait un élément extérieur et dans le cas présent, l’alcool. Ainsi un élément extérieur pourrait être le lien entre le fait d’être « soi » ou d’être « hors de soi ». Mais ce n’est pas la seule limite. Reprenons le cas de l’acteur nous avons vu qu’en quelque sorte il n’était pas « hors de lui » mais qu’il avait un autre lui, qu’il jouait, qu’il possédait ainsi une double personnalité. Mais des personnes schizophrènes possèdent elles aussi une double personnalité, cependant ces dernières peuvent être « hors d’elles » car elles peuvent aller jusqu’à commettre un acte extrême comme donner la mort quand elles ne sont pas elles mêmes. Cependant un acteur qui a lui aussi une double personnalité, même si son rôle le nécessite, ne va jamais aller jusqu’à commettre un meurtre car il est bloqué par des limites qu’il juge infranchissables. Ainsi la limite entre le fait ou non d’être « hors de soi » serait dû à la maladie. Ce sont tous ces facteurs très variables et subtiles qui rendent la limite entre le fait ou non d’être « hors de soi » très difficile à saisir. Ces facteurs peuvent aussi bien être extérieur (notamment avec l’alcool) qu’intérieur (avec les maladies).

En conclusion le fait d’être « hors de soi » varie énormément en fonction de la définition du « soi » : si l’on considère que c’est le conscient alors le fait d’être « hors de soi » serait l’expression de l’inconscient comme le pense Freud, cependant si c’est l’individu global il peut être « hors de lui » de manière consciente, mais si il est l’esprit considéré dans sa globalité alors on ne peut pas dire qu’il possible d’être « hors de soi » comme le montre la Pensée Cartésienne. Cependant on remarque que dans de nombreux cas le fait ou non d’être « hors de soi » est très discutable en raison des limites qui peuvent être dû à un facteur extérieur comme avec l’alcool ou encore intérieur avec une maladie ; ainsi le fait d’être « hors de soi » ou non se rapporte de façon différente d’un individu à l’autre.
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dissert Arnaud Clochard
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