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 Dissertation Jérémy

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jeremy



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Date d'inscription : 01/10/2008

MessageSujet: Dissertation Jérémy   Ven 31 Oct - 9:25

L’expression être « hors de soi » est couramment utilisée pour exprimer un état très intense sur le plan émotionnel. Ainsi expliquons-nous une forte colère en disant que nous étions hors de nous. Nous ne sommes plus maîtres de nous-mêmes, de nos gestes, de nos paroles, à tel point que, une fois la colère terminée, nous ne nous reconnaissons pas dans nos actes. Naturellement l’Homme se définit comme « hors de lui » lorsqu’il agit hors de sa volonté. On peut donc dire être « hors de soi » à cause d’un état émotif trop intense, mais est-ce réellement être « hors de soi », ou bien utilise-t-on cette expression abusivement?




Freud définit l’esprit comme composé de deux « parties ». L’une est le conscient et l’autre l’inconscient. Le conscient est la partie que l’individu contrôle, qui est en « contact » avec l’extérieur, et dont les limites sont les lois et les valeurs que l’on s’interdit. L’inconscient agit comme protection du conscient. Cette partie, l’Homme n’en a pas accès, c’est dans celle-ci que sont renfermées les limites morales de chacun, il s’agit, selon Freud, d’un lieu de refoulement de tout ce qui nous affecte.
Avec cette définition de l’esprit, on pourrait donc expliquer une forte colère où l’individu laisse échapper des mots qu’il regrette par la suite comme une phase dans laquelle l’inconscient aurait pris le dessus sur le conscient. La barrière de sécurité de l’inconscient est brisée, les limites morales sont franchies et l’on ne se contrôle plus vraiment, cela peut même conduire à des évènements tragiques. « Le moi n’est pas maitre dans sa propre maison », disait Freud. Dans cette configuration l’individu agit par delà ses limites, le conscient n’a plus de place pour les décisions, on pourrait donc parler d’être « hors de soi ».


Est-il cependant toujours possible d’utiliser l’expression « hors de soi » en prenant en compte des points de vue d’autres philosophes ?


Dans sa recherche sur ce qui caractérise l’être humain, Descartes a aboutit sur cette célèbre citation : « Je pense donc je suis ». C’est donc selon lui la pensée qui définit l’Homme, c’est la source de sa liberté. Cette liberté réside dans le choix que l’on peut faire à chaque instant de notre vie. Certes certains choix peuvent être lourds de conséquence, mais ils demeurent toujours possibles. Reprenons le cas de cet homme emporté par la colère ; il a donc le choix de se laisser emporter ou de se contenir. C’est cette liberté de choisir qui fait qu’il pense donc qu’il est. Si on prétend alors que cet individu est « hors de lui », ce serait dire qu’il ne pense plus donc qu’il n’existe plus, ce qui est incohérent.
Pour Alain il n’existe pas d’inconscient, l’esprit est un tout. On retrouve cette idée pour Sartres qui explique que les Hommes existent sur le mode du « pour-soi », c'est-à-dire que l’on n’est pas définis à l’avance, mais par nos actes, contrairement aux objets qui sont sur le mode de l’ « en-soi », qui existent par définition. En prenant ce point de vue, être « hors de soi » serait perdre toute existence et serait encore une fois impossible.


Selon les définitions de l’esprit, il est possible ou non d’être « hors de soi ». Quelles seraient donc les limites que poseraient une telle expression ?


Dans « l’être et le néant », Sartres explique que l’on peut être « hors de soi » dans le sens où l’on joue un rôle, où on ne laisse pas transparaitre ses émotions. Il prend son exemple sur un garçon de café. En effet ce jeune homme adopte un comportement qui ne lui est pas naturel, il s’adapte instinctivement aux exigences que lui demande ce métier. Il ne laisse plus de place pour sa personnalité, mais on ne peut pas vraiment dire qu’il est hors « hors de lui » puisqu’il a pleinement conscience de son rôle et peut en sortir à volonté.
L’expression « hors de soi » pose aussi problème pour rendre la justice, comme le souligne Alain dans « Essai sur l’entendement humain ». En effet il semblerait trop facile à quiconque de plaider son innocence en justifiant qu’il était « hors de lui », ce qui lui allègerait sa peine sous raison qu’il ne pouvait pas maitriser ses agissements. Là encore il est délicat de pouvoir affirmer qu’un individu peut être « hors de lui ».




En conclusion, si on partitionne l’esprit avec un conscient et un inconscient, il semble donc possible d’être « hors de soi », avec une prise de pouvoir de l’inconscient sur le conscient. Mais en considérant l’esprit comme un tout, être « hors de soi » devient impossible car ce serait le synonyme de ne plus exister. Cependant dire qu’il est possible d’être « hors de soi » représente un danger comme il a été vu précédemment. La définition de l’esprit de l’Homme pose donc les bornes pour dire de quelqu’un qu’il est « hors de lui ».
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Dissertation Jérémy
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