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 "Le rire" l'analyse de Bergson

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N. Vauthier (Admin)
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Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: "Le rire" l'analyse de Bergson   Mer 19 Oct - 3:02

Dans son livre intitulé : Le rire, essai sur la signification du comique paru en 1899, Bergson se demande pourquoi et de quoi les humains rient.
Pour lui il n'y a pas de comique en dehours de ce qui est proprement humain. Le rire s'accompagne d'une certaine insensibilité (on ne peut pas rire de quelqu'un qui nous inspire de la pitié ou du chagrin). Donc pour rire, il nous faut annihiler nos émotions, prendre un certain recul face à l'événement :
"Détachez-vous, assistez à la vie en spéctateur indifférent : Bien des drames tourneront à la comédie"
De plus le rire est un phénomène de groupe, un partage avec d'autres humains:
"Le rire cache une arrière-pensée d'entente, une complicité avec d'autres rieurs, réels ou imaginaires".
Le rire a "une fonction sociale", il est le reflet des moeurs d'une société, d'où des plaisanteries intraduisibles ou un humour propre à telle ou telle communauté.

Selon Bergson, une personne est comique car "il y a un aspect de sa personnalité qu'elle ignore". Elle blâme une certaine conduite en termes généraux et tombe aussitôt dans ce même défaut sans s'en rendre compte. Par exemple, dans "Le bourgeois gentilhomme" de Molière, le maître de philosophie qui dénonce la colère et y sombre lui-même peu à peu.

Le comique nait d'une "innattention à soi et à autrui" (forme d'insociabilité, d'égoisme)
"Tout caractère est comique si on s'arrête à ce qu'il y a en lui de tout fait" : Par exemple si un être humain se comporte comme un automate, tel Charlot dans le film "Les temps modernes" qui a force de travailler à la chaîne, se deshumanise peu à peu : C'est "du mécanique plaqué sur du vivant" écrit Bergson.

Le comique nait d'une sorte d'anormalité du corps humain : lorsque le corps a manqué de souplesse pour s'adapter à une situation et qu'il s'est raidi dans une attitude, par exemple si quelqu'un trébuche, faute d'avoir su éviter un obstacle.

Le propre de la vie c'est d'inventer de nouvelles réponses à chaque nouvelle situation (=la liberté). Le "mécanique" c'est au contraire ce qui est répétitif, le contraire de la vie.
Charlot est drôle car il est tellement conditionné à visser sans fin des boulons à la même cadence qu'il continue à le faire partout et surtout quand c'est totalement inapproprié : Il est devenu lui-même une machine.

Quelle est alors la fonction du rire ? Pour Bergson c'est un "geste social" : "Par la crainte qu'il inspire, il réprime les excentricités, tient constamment en éveil ..."
Il agit comme une sorte de rappel à l'ordre, il maintient donc un certain équilibre dans le groupe.
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