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 Etude de texte (Léa, Pierre-Baptiste)

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pierre-baptiste



Nombre de messages : 2
Date d'inscription : 04/09/2008

MessageSujet: Etude de texte (Léa, Pierre-Baptiste)   Lun 26 Jan - 23:18

Dans ce texte, extrait de l’œuvre Pensées, Pascal dénonce l’illusion du bonheur de la plupart des hommes. Il explique que le bonheur est lié à la notion de temps car pour en profiter, il faut le saisir dans l’instant présent. Or selon lui le présent échappe aux hommes car ils vivent des réminiscences du passé ou bien des projections dans l’avenir, ce qui provoque que nous fuyons inconsciemment le bonheur. Dans un premier temps, nous étudierons le constat de l’errance de l’homme selon Pascal, puis les causes qui ont amenées l’homme à fuir le présent. Enfin qu’elles en sont les conséquences ? L’homme peut-il réellement vivre heureux de cette manière ?

Dans un premier temps, nous verrons le constat de l’errance de l’homme selon Pascal. L’auteur cherche tout d’abord à montrer que l’homme vit trop dans le passé, dans ses souvenirs. En effet, il explique que « nous rappelons le passé comme pour l’arrêter comme trop prompt », mais il faut absolument oublier le passé pour investir le présent, c’est ce que cherche à montrer Pascal. Il est vrai qu’avoir la force d’oublier est dur, nous voulons toujours arrêter le passé pour rester dans un moment qui nous a plu et que nous souhaiterions stopper afin qu’il puisse durer éternellement. Mais ce qu’explique Pascal est que l’oubli rend possible la tranquillité de la conscience et donc permet d’être heureux au moment présent. Avoir la force d’oublier, c’est avoir le désir de continuer à devenir et de se débarrasser d’une force aliénante qui est un frein à l’évolution humaine. Oublier le passé, c’est investir le présent, c’est avoir plus de force pour évoluer, acquérir de nouvelles facultés, s’adapter à de nouvelles situations et donc être plus heureux.
Puis Pascal explique qu’anticiper l’avenir et hâter son cours ne servent à rien. Il est vrai que les enfants ne pensent, lorsqu’ils sont à l’école, qu’aux prochaines vacances et que les fillettes voudraient grandir plus vite pour faire autant de choses que leur grande sœur ou que tout simplement nous souhaitons hâter le jour magnifique de notre mariage. Mais lorsque l’on se projette dans l’avenir, nous ne profitons plus du moment présent et lorsque l’on revient à la réalité, nous ne sommes pas plus heureux qu’auparavant. Le passé et l’avenir sont pour Pascal des temps qui ne sont pas nôtres, qui ne sont rien. Nous perdons la plus grande partie de notre temps à rêver à des choses qui ne sont pas en notre pouvoir. Les unes parce qu’elles sont derrières nous et que l’on ne peut plus les modifier. Les autres parce qu’elles sont devant nous et que nous ne pouvons les appréhender, d’autant que nous n’avons aucune certitude de les vivre. C’est pourquoi lorsque nous ne nous tenons pas au temps présent, nous « échappons sans réflexion le seul qui subsiste ». Le présent est le seul temps dans lequel nous pouvons agir, changer et donc être heureux.
De plus on peut noter que d’après les propos que tient Pascal, cette façon qu’a l’homme de se tenir entre deux temps différents est assez contradictoire. En effet d’un côté l’homme regrette le passé qui lui a échappé trop rapidement : « nous rappelons le passé comme pour l’arrêter comme trop prompt », tandis que d’un autre côté, il souhaite atteindre le futur le plus vite possible : « Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir ». Pascal dénonce donc cette manière qu’ont les hommes de regretter le passé et de prévenir le futur et de ne pas se tenir au temps présent.
Enfin, on peut voir à travers ce texte que Pascal a une représentation subjective du temps. En effet, pour Bergson, il y a une distinction entre le temps mesuré et la durée vécue par la conscience. Le temps mesuré est identique pour tout le Monde, car tout le monde possède la même heure sur sa montre et une journée représentera toujours vingt-quatre heures. Mais le temps vécu par notre conscience est propre à chacun. Pour certaines personnes, une heure d’anglais peut sembler interminable tandis qu’une heure de maths passe extrêmement vite ou inversement pour d’autres. Il y donc selon Bergson différentes façons de distinguer le temps. En conclusion, pour Pascal, le passé et l’avenir sont étrangers à l’homme, il ne faut pas y errer mais plutôt profiter du temps présent. On peut cependant se demander pourquoi l’homme vit à travers le passé et l’avenir ?


Dans un second temps, nous verrons les causes qui ont amené l’homme à fuir le présent. Tout d’abord, certaines personnes errent dans le passé et dans le futur par désintérêt du présent. Nous voulons agir sur des temps où l’action nous est impossible. Ceci se rapporte en partie au Stoïcisme par le fait que nous souhaitons intervenir sur ce qui ne dépend pas de nous et que cela nous donne l’illusion d’une plus grande liberté. Mais ceci n’est qu’une vaine espérance, il ne s’agit ni d’une vraie liberté ni de vrais pouvoirs. Cette échappatoire n’aura aucun impact sur le présent, ce qui se rapproche de la théorie pessimiste développée par Schopenhauer. En effet ce philosophe allemand considère que « notre monde est le pire qui soit », cette idée pourrait donc expliquer que les gens souhaitent échapper au temps présent puisqu’il n’y aurait rien à faire pour le changer.
D’autres personnes errent dans le passé et dans le futur car elles ont peur du temps présent. Souvent, elles pensent avoir des désirs qu’elles souhaiteraient réaliser dans le futur. Elles s’imaginent un avenir avec de grandes ambitions et de grands rêves. Dans la classification des désirs d’Epicure, ces désirs sont ceux qui sont vains. Et contrairement aux désirs naturels comme ceux qui sont nécessaires à la vie, ces désirs vains ne peuvent se réaliser dans l’instant présent. Voilà pourquoi l’homme qui en mal de nouveaux désirs est orienté vers l’avenir afin de les assouvir et ce malgré le fait qu’ils soient illusoires. Sartre critique ces pensées car pour lui ce n’est pas réellement un désir mais plutôt un refuge pour échapper au présent et au malheur. L’imagination est aussi critiquée par Pascal et Sartre. Il s’agit pour eux d’une excuse afin de fuir le présent, pour se retrouver dans un monde irréel et parfait, différent pour chacun d’entre nous.
Enfin, il y a des personnes qui sont incapables de profiter du présent. Ce sont des personnes énergiques qui organisent leur avenir avec un programme précis qu’elles tiendront. Selon Pascal, si elles pensent au présent, « ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir ». C’est exactement ce que font ces personnes qui ne pensent qu’à leur avenir lorsqu’elles sont pourtant au temps présent. Il y a donc différentes causes qui amènent les hommes à penser dans le futur où dans l’avenir sans profiter de l’instant présent, cependant certaines conséquences sont engendrées par cette façon de penser.


Dans un troisième temps, nous verrons les conséquences de l’errance de l’homme dans les différents temps. Tout d’abord, Pascal explique que l’homme est responsable de son malheur. Selon lui, lorsque nous ne pensons qu’au passé ou qu’au futur, « nous ne vivons jamais mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais ». Le temps apparaît comme une succession d’instants chaque fois différents qu’il ne faut pas louper en pensant à des temps irréels dans lesquels nous n’avons aucun contrôle. Si nous voulons profiter pleinement du moment présent, nous ne pouvons à la fois penser à notre passé et à notre avenir. Nietzche est en accord avec Pascal, selon lui, l’oubli est ce qui rend possible la tranquillité de la conscience dans le présent, il est aussi une condition essentielle au bonheur d’un individu. Une phrase célèbre de lui résume ceci : « Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans la faculté d’oublier ». Dans un autre texte, Pascal explique aussi que l’homme est responsable de son malheur en raison de son important divertissement. Ainsi, l’homme ne sait pas demeurer en repos dans une chambre, il se perd dans beaucoup d’actions inutiles et superficielles qui sont souvent mauvaises. L’idée selon laquelle l’homme serait responsable de son malheur est également vérifiée par sa quête de désir. En effet, si l’homme est orienté vers l’avenir, cela signifie donc qu’il éprouve des désirs. On peut là encore rapprocher cela à Schopenhauer qui estime que le désir est douloureux parce qu’il est essentiellement manque et donc par conséquent insatiable. Le désir entraîne donc du malheur pour les hommes qui ne peuvent pas réaliser tous leurs désirs.
Pascal dénonce l’errance de l’homme dans son passé et son avenir, mais y a-t-il une bonne manière de se comporter vis-à-vis des différents temps ? Pour atteindre le bonheur, il faudrait ne penser qu’au temps présent et vivre sans s’occuper de nos actions passées ou des conséquences futures. Mais pour cela il faut que l’homme soit moins peureux de l’instant présent. Ceci se rapporte à l’explication de Sartre sur la liberté, selon lui, un homme est considéré comme libre lorsqu’il se défini lui-même par ses actes. Mais il se crée alors une angoisse face à la liberté et face à la responsabilité qui l’amènerait à fuir le présent, seul temps dans lequel il peut agir et faire preuve de ses choix. On pourrait donc estimer que vivre à travers le passé et le futur est une preuve de mauvaise foi car l’homme ne peut pas utiliser la liberté qui le détermine dans des temps autres que celui présent. De plus cette absence de choix des hommes qui n’expriment pas leur liberté peut être rapprochée au texte d’Alexis de Tocqueville qui décrit la vision d’un petit bonheur limité chez des citoyens désintéressés de l’intérêt général de leur pays et qui ne font plus preuve de leur liberté que dans une sphère privée. Ne pas faire preuve de sa liberté signifierait donc que l’homme ne peut être complètement heureux ou qu’il ne puisse bénéficier d’un bonheur limité. C’est pourquoi il est très difficile pour l’homme de ne garder ses pensées que sur un seul instant, il recherchera toujours de peur, d’angoisse ou d’ennui son passé ou son avenir. Malgré que les conséquences soit négatives, l’homme ne pourra jamais s’empêcher d’errer dans des temps qui ne sont point les siens. C’est pourquoi comme l’explique Freud, « l’homme n’a pas été conçu pour être heureux ».



En conclusion, cet extrait a permis à Pascal de dénoncer la mauvaise manière que l’homme a de se comporter vis-à-vis des différents temps. Selon lui, il est inévitable que l’homme soit malheureux puisqu’il erre dans des temps où il est impuissant en oubliant de ce fait le réel, le présent. C’est pourquoi il montre clairement que l’homme est responsable de son malheur, qu’il ne possède qu’une illusion du bonheur. Pour lui, toute prise de conscience du temps se fait dans l’instant présent par rapport auquel le passé n’est plus et l’avenir n’est pas encore. Le bonheur pour Pascal est donc atteint en profitant du temps présent sans se soucié de ses souvenirs où de ce qui peut se passer par la suite. Ceci se rapporte bien à l’idée de Pascal qui explique que si l’on désire l’avenir, il est inévitable que nous ne soyons jamais heureux. Pourtant si l’homme ne porte plus d’importance qu’au temps présent, qu’en sera-t-il du devoir de mémoire dont il peut faire preuve suite à de graves évènements ? Si l’homme ne fait plus référence au passé, répétera-t-il les mêmes erreurs qu’il a déjà commises ? Et s’il ne pense plus un instant au futur cela signifierait qu’il ne vivrait plus qu’au jour le jour et qu’il se satisferait de ce qu’il possède. Mais ainsi de nouvelles avancées seraient-elles toujours possibles pour l’homme ?
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