Cogito,entraide et échanges sur la philo

méthodes de devoirs,sujets-corrigés, dossiers thématiques, travaux d'élèves, expos, conseils de lecture...
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Travail réalisé par le quatuor de filles de TES1

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Marie-Cécile Pin



Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 12/09/2008

MessageSujet: Travail réalisé par le quatuor de filles de TES1   Lun 9 Mar - 8:45

Sarah Manteau => René Dumont
Marie-Cécile => André Gorz
Alana Richards => Ivan Illich
Elodie Deprez => Jacque Ellul
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marie-Cécile Pin



Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 12/09/2008

MessageSujet: Ivan Illich   Lun 9 Mar - 9:24

Ivan Illich (1926-2002)


Biographie
Né à Vienne en 1926, il arrive aux États-Unis en 1951, et fut co-fondateur du Center for Interculturel Documentation (CIDOC) à Cuernavaca, Mexico .Polyglotte, homme du Sud autant que du Nord, solidement enraciné en Occident et familier avec l'Orient, Illich mérite pleinement la qualité d'humaniste. Ses écrits sur l'école, la santé, la convivialité, l'énergie ont eu un rayonnement universel, provoquant de féconds débats dans de nombreux pays. Venant d'une famille aristocratique ayant d'anciens liens avec l'Église catholique romaine, il était destiné à devenir un prince de l'Église, mais il a aussi des racines juives qui lui poseront problème lors de la 2nde guerre mondiale et qui ont mené à la mort de son père. Cette traumatisme est peut être une des raisons qui lui ont poussées de promouvoir la communication interculturelle afin qu’on puisse éviter de commettre des horreurs pareils. Décède en 2002 des suites d'une tumeur qu'il a volontairement choisie d'assumer jusqu'au bout sans vouloir l'opérer et qu'il garda 20 ans. Il élabore des nombreux thèses au long de sa vie ;le Monopole radical, la contre-productivité, l’écologie politique, L’après-développement, la décroissance, la convivialité.
Monopole radical

Inventeur du concept de monopole radical : lorsqu’un moyen technique est ou semble trop efficace, il crée un monopole et empêche l'accès aux moyens plus lents, comme les autoroutes vis-à-vis de la marche à pied par exemple.
Le monopole radical est une notion descriptive et critique de la société moderne de consommation et de productivisme, elle désigne le monopole d'une ou plusieurs marques visant à modifier, contrôler et à terme contraindre des populations à modifier radicalement leurs habitudes quotidiennes notamment en restreignant leurs choix et leurs libertés ,Il impose ainsi de nouvelles habitudes alimentaires, vestimentaires, des contraintes dans la manière de se déplacer …


Contre Productivité et écologie politique :
Lorsqu'elles atteignent un seuil critique les grands monopoles s'érigent parfois sans le savoir des obstacles à leur propre fonctionnement. En tant que penseur de l'écologie politique, Illich lutta contre le système automobile et tous les moyens de transports trop rapides qu'il jugeait aliénants et illusoires. En effet, un Américain consacrait en moyenne, durant les années 1970, 1600 heures par an pour sa voiture et ne parcourait que 10000 kilomètres durant l'année [2].D’autres exemples :
- la médecine nuit à la santé (tuant la maladie parfois au détriment de la santé du patient[1])
- le transport et la vitesse font perdre du temps
-l'école abêtit

Après-développement
La thèse de l'après-développement considère que l'occidentalisation est le levier culturel de l'Idéal développement : unique projet de vie, l'accumulation matérielle sans fin, et comme unique projet de société la quête perpétuelle de la modernité et de la richesse matérielle .Le développement mène souvent au détriment de l'épanouissement de l'Être et la concurrence généralisée mène à l'exclusion., les échanges économiques remplacent le lien social…


Décroissance
Croissance économique sous-entend dans les pays riches l'accumulation croissante par les ménages de biens de consommation, les courants de la décroissance rejoignent les critiques de la société de consommation qui estiment que l'accroissement continuel de la consommation n'implique pas nécessairement une amélioration du bien-être et du mieux-vivre. De plus Illich dénonce la croissance économique comme fin ultime des sociétés industrielles. D’après lui, après avoir atteint un certain niveau de développement économique, chaque société se met en danger à vouloir croître davantage :
-elle met en péril les conditions d’existence de l’Homme sur terre
- elle génère des coûts sociaux (exclusion et/ou chômage, précarité, aliénation)
-elle crée sans cesse des besoins nouveaux
Il s'agit aussi du thème de "avoir ou être" d'Erich Fromm .Comme la société où nous vivons est vouée à la propriété et au profit, nous n’apercevons que rarement des indices du mode “être” d’existence (tout ce qui relève du travail, des sentiments et des sensation) et la plupart des gens considèrent le mode “avoir” (tout ce qui relève de diplômes, de matérielle) comme le plus naturel, sinon comme la seule façon acceptable de vivre.
La convivialité

En grand défenseur du principe d’autonomie (l’Homme doit rester libre de ses choix en toutes circonstances), Illich dénonce à reprise un autre "monopole radical": la voiture. La dépendance de l’homme d’un outil est insupportable pour Illich. Une fois dans le véhicule les citoyens ne sont plus maitres de la technologie mais serviteur, Illich milite donc pour un changement culturel du rapport Homme – voiture.. Si l’on additionne tous les coûts inhérents à la possession d’une voiture plus le temps passé à travailler pour pouvoir payer ces dépenses, on s’aperçoit du coût social plus élevé que celui d’un taxi ou d’un transport commun. Le terme d'outil est utilisé ici dans un sens très large, c'est-à-dire tout instrument, objet ou institution comme moyen d'une fin (tournevis, téléviseur, usine de cassoulet, autoroutes, langage, institution scolaire, permis de construire, lois, etc.) Illich distingue ainsi les outils selon leur degré de convivialité. L'outil convivial est maîtrisé par l'homme et lui permet de façonner le monde au gré de son intention, de son imagination et de sa créativité. C'est donc un outil avec lequel travailler et non un outil qui travaille à la place de l'homme. La convivialité d'un outil est indépendante de son niveau technologique ou de son niveau de complexité (Illich cite le téléphone comme exemple) ,et son usage dépend de celui qui le possède. Un outil convivial doit donc selon lui répondre à 3 exigences:
-il doit élargir le rayon d'action personnel
-il ne doit susciter ni esclave ni maître
-il doit être générateur d'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle

exemples:
• les outils conviviaux:
le bicyclette, le roulement à billes, les moteurs, le téléphone, la force hydraulique, la perceuse, le monte-charge...
• les outils non-conviviaux:
l'automobile (qui crée les distances et refaçonne les villes au détriment des piétons et cyclistes), l’école pour tous (qui produit des cancres et la ségrégation qui va avec), nos systèmes de santé (qui industrialisent naissance et mort, et qui engendrent faux espoirs, prolongation de la souffrance, solitude et dégradation du patrimoine génétique)

Le rôle de l’homme et des institutions
Pour Illich, l'homme devient avec l'ère industrielle "l'accessoire de la méga-machine", les produits non-conviviaux, ne pouvant être accessibles à tous, génèrent frustration des pauvres et insatisfaction des riches. Les conséquences comprennent une homogénéisation de tous, au déracinement culturel et à la standardisation des relations personnelles. Illich considère qu'une société conviviale serait "incomparablement plus efficace que toutes les sociétés rugueuses du passé, et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent". La transition vers une telle société postindustrielle exige selon lui un triple renoncement: à la surpopulation, à la surabondance et au sur pouvoir. Pour lui, les institutions d'aujourd'hui qui se veulent universelles et établissent un monopole radical sont héritées du catholicisme.. Pour Illich le monde moderne n'est ni l'accomplissement du christianisme ni sa négation, mais plutôt sa perversion. Les nouvelles libertés que Jésus nous a apportées ont rendu possibles de nouveaux excès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marie-Cécile Pin



Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 12/09/2008

MessageSujet: René Dumont   Lun 9 Mar - 9:30

Biographie de René DUMONT (1904-2001)
René Dumont, né le 13 mars 1904 à Cambrai (Nord) et mort le 18 juin 2001, est un pacifiste, est un agronome du développement français, connu pour son engagement écologiste. Il est diplômé ingénieur agronome de l'Institut national agronomique (INA).
René Dumont a commencé sa carrière en soutenant le modèle agricole de l'époque, basé sur l'utilisation des fertilisants chimiques et sur le. machinisme agricole. Il a été un des premiers à dénoncer les dégâts issus de la Révolution verte et à lutter contre l'agriculture productiviste. René Dumont est la première grande figure de l'écologie politique en France. Tiers-mondiste réputé dans les années 1960, il s'intéresse aux questions écologistes développées par le rapport au Club de Rome de 1972 et se présente à l'élection présidentielle de 1974. Il bénéficie du soutien de la plupart des associations écologistes
Il soutenait en particulier :
• le contrôle démographique ;
• les économies d'énergie ;
• la coopération internationale envers les pays en voie de développement ;
• la protection et la remédiation des sols.


CONCEPTS
La décroissance est un terme qui désigne deux concepts distincts mais complémentaires :
• une projection économique théorique qui considère comme non durable la croissance économique ;
• un ensemble de mouvements politiques et sociaux qui s'opposent au modèle social basé sur le développement de la consommation.

L'après-développement ou post-développement est un projet de nouvelle « ère » historique dans l'histoire de l'Occident ; c’est un concept en rupture avec celui de développement.
L'Occident auquel on se réfère ici est irréductible à un territoire, il n'est pas seulement une entité religieuse, éthique, raciale ou même économique. L'Occident est ici une entité culturelle, un phénomène de civilisation.
L'après-développement reste un concept minoritaire fortement critiqué par les penseurs économiques classiques.
La contre-productivité est un cercle vicieux divergent selon Illich. Autrement dit, passés certains seuils critiques de développement, la production hétéronome engendre une complète réorganisation du milieu physique, institutionnel et symbolique, telle que les capacités autonomes sont paralysées.


La convivialité.
Ivan Illich invente la notion d'outil convivial dans Tools for conviviality (1973) afin de donner des bases à l'avènement d'une société post-industrielle.= Manger, c’est aussi partager un moment avec les autres : famille, amis, amoureux (se), collègues, copains, clients, etc.
Ecologie politique.
On ne peut parler de l’écologie politique sans avoir évoqué au préalable les différents courants sociaux, les courants de pensée, les mouvements militants qui ont été à l’origine de la création d’une tendance politique qui, malgré ses défauts et ses erreurs, a contribué à renouveler la pensée politique et a apporté il y a plusieurs décennies une nouvelle conception de la réflexion et de l’action.
= productivisme
= conservatisme au niveau de certaines questions environnementales
=réconciliation entre l’homme et la nature
=parti écologiste indépendant, luttant en faveur de la nature menacée par l’Homme
=pour une écologie ancrée à gauche (R .Dumont)










Analyse du concept d’écologie politique selon R. Dumont.
Pour lui, les hommes ne peuvent créer une agriculture et un développement industriel de qualité que s’ils entretiennent de bonnes relations entre eux (entre agriculteurs). De plus les relations entre hommes et femmes seraient des piliers à de bonnes relations sociales. Donc l’émancipation de la femme de la femme s’avère nécessaire dans le cadre du contrôle démographique.
Les problèmes de la mondialisation sont l’explosion de la croissance démographique, le productivisme, la pollution, les bidonvilles, fossé grandissant entre pays du Sud et du Nord. Le problème est donc la mondialisation. Le but est de prendre conscience des limites des ressources naturelles planétaires et de l’absurdité d’une croissance économique exponentielle. Ce concept était en fait en avance sur son temps. Contre la guerre, contre le capitalisme, sa politique écologiste est pour la solidarité entre peuples et prend en compte le monde sous-développé. Alors, les réponses de René DUMONT seraient liées à l’altermondialiste. L’alter mondialisme est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui proposent pour l'essentiel un ensemble de valeurs « sociales » et soucieuses de l'environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain. Assez hétérogène, le mouvement se rassemble autour du slogan « Un autre monde est possible » ou plus récemment, « D'autres mondes sont possibles »1, mais oscille entre un réformisme (par exemple à travers la revendication d'une Taxe Tobin2 . par ATTAC)
On distingue ce genre de prises de position :
• Une contestation de l’(OMC), du Fonds monétaire international (FMI), de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du G8 et de la Banque mondiale ;
• des revendications de démocratie selon les différentes orientations politiques ;
• Une contestation de la justice économique (= richesse permettant de vivre dans des conditions décentes)
• Une revendication de l’autonomie des peuples ;
• Une recherche de protection de l’environnement ;
• Une recherche des droits humains fondamentaux ;
Des recherches d'alternatives, globales et systémiques, à l'ordre international de la finance et du commerce.
R .Dumont propose de lutter pour une répartition plus juste des produits agricoles et ceci permettrait donc de lutter contre la faim dans le monde.

En se revendiquant humaniste (= non violence, non-discrimination, solidarité sur toute la planète), mondialiste (= plan global control total de notre planète, de notre monde ! faire attention à ce concept !) et altermondialiste, ces auteurs prennent des positions intelligentes vis-à-vis de la théorie (de l’idée du concept) mais vis-à-vis de la pratique, ces idées sont très difficiles à mettre en place.
Il y a juste à regarder les résultats des Verts aux dernières élections présidentielles de 2007 au second tour= 570240 soit1, 57% des voix exprimées. On remarque alors que leurs idées ne peuvent pas être mises en place à grande échelle ne touche pas le grand public. L’écologie peut être « politique » mais il semble que le Corps Politique ne veuille pas d’elle.


Réflexion sur la modernité de la critique de René DUMONT sur le système capitaliste au vu des problèmes économiques, écologiques et sociaux actuels.
Problèmes économiques : la crise économique et financière entamée en 2008. Le système libéral a été mis en cause. Les banques ont trop prêté et surtout à une population non solvable.
Problèmes écologiques : les menaces sur la biodiversité, l’agriculture avec les cultures OGM, BIO, le réchauffement climatique actuel, la condition animale, certains disent actuellement que nos enfants nous accuserons, le Grenelle de l’environnement
Seulement il faut aussi croire à une mascarade « démocratique » pour contenter les associations « modérées » et faire croire à tout le monde que le gouvernement fait quelque chose alors que toutes les décisions sont déjà prises d’avance.
Il y des éléments hypocrites dans l’actualité écologique car il semble que certains profitent d’une promotion de l’ »écolo » pour faire encore plus de bénéfice. Il n’y a qu’à voir le nombre de publicités à la télévision en rapport avec ce sujet : manger écolo, rouler écolo, se soigner écolo, vivre écolo ! Seulement vivre écolo s’avère être un luxe. Avec les prix exorbitants des éoliennes, des panneaux solaires, des publicités même ! Les éoliennes sont très chères de construction, demandent beaucoup d’énergie pour sa production. La désalinisation de l’eau coute presque aussi chère et son rendu n’est pas rentable pour le moment. Les voitures écolo sont construites en carbone ou de manière à être beaucoup plus légères pou réduire la consommation en CO2. Alors qu’en même temps, on lutte pour la sécurité routière, mais lorsque ces voitures subissent des accidents, elles sont largement moins sures que d’autres « non écolo ». Finalement, protège-t-on-nous ? Je dirais plutôt que les écolo qui critiquent le capitalisme se trompent partiellement, puisque pour être écolo il faut aussi être capitaliste .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marie-Cécile Pin



Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 12/09/2008

MessageSujet: André Gorz   Lun 9 Mar - 9:39

André Gorz


Biographie :
André Gorz est un pseudonyme ; son vrai nom est Gérard Hirsch. Il est né à Vienne (Autriche) en 1924. C’est le fils d’un marchand de timbres juif et d’une secrétaire catholique issue d’un milieu cultivé, il est élevé dans une atmosphère antisémite qui amènera son père à se convertir au catholicisme en 1930. En 1939, pour éviter d’être mobilisé par l’armée allemande, ses parents l’envoient à Lausanne, en Suisse, où il obtiendra un diplôme d’ingénieur chimie en 1945.
Toute sa vie, il a jonglé avec les identités. Après sa rencontre avec Sartre en 1946, c’est en 1955 qu’il est considéré comme philosophe existentialiste avec la parution de son premier livre : Le Traître. Il a aussi collaboré aux Temps Modernes (revue parue chez Gallimard et qui fêta ses 50 ans en 1995), ce qui lui vaut d’être connu comme philosophe du travail, comme penseur de l’écologie politique et de l’anticapitalisme. Il fonde en 1964, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, Le Nouvel Observateur, dont il sera un des rédacteurs en chef. Le 24 septembre 2007, c’est à l’âge de 84 ans qu’André Gorz se suicida avec sa femme, Dorine.


Concepts de l’auteur :
La pauvreté est essentiellement relative et la misère est objective:
Selon André Gorz, on est pauvre au Viêt Nam quand on marche pieds nus, en Chine quand on n'a pas de vélo, en France quand on n'a pas de voiture, et aux États-Unis quand on n'en a qu'une petite. Selon cette définition, être pauvre signifierait donc « ne pas avoir la capacité de consommer autant d'énergie qu'en consomme le voisin » : tout le monde est le pauvre (ou le riche) de quelqu'un.
En revanche, on est dans la misère quand on n’a pas les moyens de satisfaire ses besoins élémentaires : manger, boire, se soigner, avoir un toit… En effet, «quand tout le monde est « riche » personne ne l’est ; de même quand tout le monde est « pauvre ». A la différence de la misère, qui est l’insuffisance des ressources pour vivre, la pauvreté est par essence relative. »
De plus, il considérait la sobriété comme une nécessité pour lutter contre la misère. L’énergie étant limitée, la surconsommation des uns condamne les autres à la misère. En assurant à chacun l’accès à l’énergie qui lui est nécessaire, le principe de sobriété énergétique empêche les surconsommations inutiles et polluantes.


La décroissance économique => Risques pour l’écologie:
Il « a eu le bon sens de constater que, même stabilisée, la consommation de ressources limitées finira inévitablement par les épuiser complètement [les ressources naturelles], et que la question n’est donc point de ne pas consommer de plus en plus, mais de consommer de moins en moins : il n’y a pas d’autre moyen de ménager les stocks naturels pour les générations futures. [Mais] on objecte habituellement que l’arrêt ou l’inversion de la croissance perpétuerait ou même aggraverait les inégalités et entraînerait une détérioration des conditions matérielles des plus pauvres. Mais où donc a-t-on pris que la croissance efface les inégalités ? L’utopie ne consiste pas à préconiser le bien-être par la décroissance, elle consiste à croire que la croissance actuelle est matériellement possible. » (1977, Ecologie et liberté).
C’est pourquoi André Gorz préconise la mise en place d’une économie de guerre : restrictions, rationnements.


Réflexion sur le travail précaire :
André Gorz évoque la montée du travail précaire dans une interview filmée de 1988. Il prévoit que les emplois sous qualifiés sont les seuls à croître en nombre. Il s'interroge sur la coexistence entre une partie de salariés à emploi stable, reconnus dans leur statut, et une partie, de plus en plus large, de salariés précaires, qui font le sale boulot et n'ont pas un égal accès à la formation professionnelle.


Le travail et les besoins :
Dans son livre Métamorphose du travail (1988), « le travail doit avoir pour fin l’échange marchand et non l’autoconsommation » ; de plus il suit les théories néo-classiques : marché libre, même nombre d’acheteurs et de vendeurs pour qu’il y est de la concurrence, entente sur les prix (pas de monopoles), intervention de l’Etat limitée aux fonctions régaliennes.
De plus, il faut que les besoins soient rationnels : les agents économiques doivent limiter leurs besoins à leur autoconsommation ; inutile donc de rechercher le rendement.
Pour André Gorz, « l’esprit du capitalisme coupait le lien entre travail et besoin ». En effet, le but du travail n’est plus la satisfaction des besoins et le salarié ne fournit plus l’effort nécessaire à la satisfaction de ces besoins (contrairement à son autoconsommation, comme les paysans des économies de subsistance, qui produisaient juste pour répondre à leurs besoins, tout en gardant un petit surplus pour parer à des imprévus, mais non pas pour vendre.
Enfin, André Gorz parle de la relation entre salaire et travail. Au début de l’ère industrielle, la difficulté a été, pour les employeurs, d’avoir un travail à plein temps et continu. C’est pourquoi les employeurs ont instauré le salaire au rendement.


Réflexion sur la modernité des concepts de l’auteur :
Les concepts qu’André Gorz a posé dès le milieu du XXème siècle sont très visionnaires : A l’heure d’une période de très forte croissance (les Trente Glorieuses= 1950-1975), les problèmes de l’écologie et l’hypothèse que la croissance ne peut pas durer sont des idées qui ont suscité de nombreuses critiques. Cependant, il faut reconnaître que ses concepts sont très actuels : De nos jours, les problèmes environnementaux prennent de plus en plus d’importance au sein de l’opinion publique.
Pour terminer, voici un article paru dans le journal Le Monde, dans l’édition du 8 mars 2009 ; c’est une petite histoire fictive montrant que l’écologie est un problème immense et qu’en on commence à résoudre ce problème, d’autres arrivent :

« Blork, Blork ! J'ai trouvé la solution au changement climatique, j'ai trouvé ! K saute de joie, il rit, il gambade. Blork lève l'œil, il est en train de lire l'excellent Ecologica, d'André Gorz.
- Hmmm ?
- L'énergie nucléaire ! C'est génial ! Fini le CO2, fini le réchauffement planétaire, tout est réglé ; ah Blork, c'est si beau ! Même le déprisent de la Rép..., le zrépident, le zendéprix, euh,... l'autre... il a dit que c'était l'énergie de l'avenir. Oh que je suis content !
Blork pose son livre, et parle très doucement
-Ecoute, c'est un peu plus... compliqué.
- Ah bon ?
- Ainsi cette semaine, la France a envoyé du Mox vers le Japon.
- Ah ?
- Le Mox, c'est un mélange de plutonium et d'uranium. Ça sert de combustible dans les centrales nucléaires, pour fournir de l'électricité, sans émettre de gaz carbonique.
- Aaaaaah...
- Et sais-tu pourquoi on fait du Mox ?
- Non.
- Pour trouver un usage au plutonium. Le plutonium est très dangereux, très radioactif, pendant plus de 24 000 ans.
- Ouh ! là ! là !
- Normalement, dans les réacteurs nucléaires, on utilise des combustibles à l'uranium. Ils produisent de l'électricité par les réactions de fission, mais, ce faisant, deviennent des déchets très radioactifs, contenant du plutonium. En France, on a décidé de séparer le plutonium contenu dans ces déchets.
K a un peu envie de bâiller, mais il le cache bien.
- Au début, c'était pour faire des bombes nucléaires. Et puis après, les nucléaristes ont imaginé d'utiliser le plutonium comme combustible dans les réacteurs. Ils ont fait du Mox.
- Hmmm ?
- Sauf qu'il n'y a que les Français qui en font.
- Ben non, au Japon, puisqu'on leur en envoie !
- Ils vont essayer de l'utiliser, ce qui n'est pas joué.
- Bon.
- Les Anglais ont essayé de faire du Mox.
- Ah, tu vois !
- Mais ils n'arrivent pas à faire marcher leur usine. Un organisme, le NDA, vient même d'annoncer que cette usine, qui avait coûté bonbon au contribuable, devait fermer.
- On aurait dû ne pas faire l'usine, non ?
- Tu crois ? Même en France, on n'utilise pas tout le plutonium en Mox. EDF veut y arriver à partir de 2010. Mais il reste un important stock de combustibles usés non retraités, du plutonium en surplus, du Mox très radioactif qu'on ne veut pas retraiter...
- Alors, on a plein de catégories de déchets au lieu d'une seule ?
- Oui.
- C'est idiot.
- K reste poli. Ce qui est ennuyeux, c'est qu'on a tous ces déchets très radioactifs et qu'ils le sont pour des dizaines de milliers d'années.
- Mais... et les générations futures ?
- Si tu me permets, on s'assied dessus. Enfin... les nucléaristes disent qu'ils trouveront une solution en 2040, 2050, 2100... Il y a trente ans, ils disaient qu'on la trouverait... dans trente ans. Le plus étonnant, c'est qu'on ne sait toujours pas quoi faire de tous ces déchets.
- Non !
- Nulle part au monde, on n'a de solution pour ces satanées matières radioactives, moxées ou pas.
- Ben ça, alors ! Euh, le prédi, il sait ?
- Je ne pense pas.
- C'est terrible ! Je vais le prévenir."
K disparaît. On l'entend crier : "Zrépi... Déprisent... Zandéprix ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marie-Cécile Pin



Nombre de messages : 10
Date d'inscription : 12/09/2008

MessageSujet: Jacques Ellul   Lun 9 Mar - 9:49

.Fiche sur JACQUES ELLUL.



I-Biographie de Jacques Ellul : (1912-1994)


.« Penser globalement, agir localement. » Toute sa vie durant Jacques Ellul se sera montré fidèle à cette maxime. Il est né à Bordeaux le 6 janvier 1912.
A 18 ans, Jacques Ellul se sent appelé par le christianisme ; à 19 ans, il lit et relit Marx. Il étudie la théologie te la politique. Il étudie le droit, tout en cherchant à comprendre l'évolution de la société moderne. Il constate la disparition du monde rural, le rôle fondamental de la technique, les conséquences écologiques et sociales de cette 'grande mue' des temps modernes. Anarchiste et militant, il analyse les dérives marxistes, contribue à la mise en place d'un écologisme politique et réfléchit sur une certaine forme d'anarchisme chrétien. On lui doit aussi certaines méditations théologiques concernant les aspects subversifs et libérateurs de l'Evangile, ainsi que des travaux intellectuels sur l'éthique et l'espoir. Jacques Ellul a longtemps enseigné à l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux.
Il prend une part active au combat écologiste, notamment au sein du "Comité de défense de la côte aquitaine"."La technique ou l'enjeu du siècle", premier volet de sa trilogie consacrée à la critique de la société technicienne, paraît en France en 1954.
De 1958 à 1977, il préside un Club de prévention de la délinquance juvénile tout en prenant une part active au combat écologiste, notamment au sein du "Comité de défense de la côte aquitaine. Il est mort le 19 mai 1994 à Bordeaux.


II-Les principaux concepts de Jacques Ellul :

La critique de la technique, de la modernité et du progrès

. Sociologue, historien mais aussi théologien protestant majeur, Jacques Ellul reste connu pour sa critique de « la société technicienne ». En effet, il critique la modernité technique durant les Trente Glorieuses. C’est le premier qui dès les années 50 a compris que la technique engendrait ses propres valeurs et enclenchait une logique telle que, quel que soit le régime politique en place on assistait à des formes d’aliénation de l’homme comparables.
Il explique que la technique impose ses valeurs, sa valeur et son efficacité au détriment des valeurs et de la culture de l’homme. Sa critique du progrès montre que la course à la consommation entraîne nécessairement des aspects aliénants, déshumanisants.
La critique ellulienne de la technique est en effet profondément enracinée dans sa foi protestante ; pour Ellul, le système technicien (c’est d’ailleurs le titre de l’un de ses ouvrages) au sein duquel nous vivons et qui nous conditionne se caractérise non seulement par une omniprésence de la médiation, de l’artificiel, mais a pour conséquence logique une dégradation des rapports humains eux-mêmes, des sentiments humains dans ce qu’ils ont de plus profond, de l’Amour enfin et du rapport des hommes à l’Absolu, à Dieu. Jacques Ellul brise les idoles de la société moderne ( qu’il s’agisse des idéologies politiques, de la technologie et notamment de l’informatique, du mythe de la croissance économique, de la propagande qui inclus chez lui la publicité et donc tout l’univers médiatique, …), c’est parce qu’il s’oppose de toutes ses forces aux tentations et aux tentatives de l’homme de prendre la place de Dieu, et donc de se passer du Dieu de Jésus-Christ. Ellul est un antidote salutaire, dans l’appréhension de tous les enjeux des biotechnologies et de la bioéthique, c’est-à-dire de la mise en disponibilité permanente de l’être humain par la technique au sein du système technicien. Sa critique de la société technicienne rencontre un écho grandissant dans les milieux écologistes et altermondialistes, mais aussi auprès de nombre de nos contemporains soucieux de l'avenir de la planète et des générations futures. Dire non à cet avenir programmé, refonder l’espérance, ce combat était profondément celui de Jacques Ellul. Conclusion cette critique est une critique théologique qui dénonce la prétention de l’homme à maîtriser lui-même sa vie.



L’écologie politique

.C’est également lui qui a en partie mis au goût du jour la question écologique dans les années 70. A l’encontre de la thèse selon laquelle le judéo-christianisme serait à l’origine de la crise écologique actuelle, Jacques Ellul affirme que c’est d’abord au contraire le fait que l’homme ne croit plus au Dieu créateur qui nous a conduits à un tel désastre, lequel ne fait que commencer : « l’homme qui se déclare majeur et adulte n’est en réalité avant tout qu’un irresponsable ».

"Penser global, agir local" (slogan des Verts) !

La décroissance raisonnée

. Il est aussi à l’origine de concepts aujourd’hui à la mode comme la décroissance raisonnée. La décroissance est une théorie économique basée sur une réduction de la production de biens et de services afin de préserver l'environnement. Elle s'oppose aux modèles de croissance économique et de développement durable pour lesquels il est possible, grâce notamment au recyclage et à l' éco-conception (L'éco-conception est un mode de conception de produits qui prend en compte leur impact sur l'environnement à tous les stades de leur cycle de vie .) , de produire autant de biens et de services en consommant moins d'énergie et de matières premières.




La propagande

. Ellul a mené un travail sur le phénomène de la propagande dans les sociétés modernes avec notamment son maître livre sur la question intitulé Propagandes (1962). Il analyse en particulier la distinction entre une « propagande politique » peu ou prou perceptible à des degrés divers dans tous les régimes institutionnalisés et une « propagande sociologique », phénomène contemporain du développement au 20EME siècle des société de masse dans lesquelles l'individu est placé au cœur d'un jeu d'influences à la fois citoyennes (démocratie ou régime totalitaire) et sociétales (mode de vie, idéologie).

Parmi les « techniques de l'homme », la Propagande - dont on retrouverait aujourd'hui certains traits sous le nom de Communication - a très tôt retenu son attention. En tant que sociologue, il la décrit comme absolument nécessaire à l'intégration de l'homme moderne dans la société technicienne ; en tant que chrétien, il la considère comme un obstacle au règne de « la Parole ». La Propagande fait entrer la politique dans le monde des images et tend à transformer le jeu démocratique en exercice d'illusionnisme. La distinction classique entre l'information (la vérité) et la propagande (le mensonge) pour être rassurante n'en est pas moins extrêmement fragile. La première ne constitue pas, en soi, une garantie contre la seconde. L'information est même la condition d'existence de la propagande puisque l'opinion publique n'est qu'un artefact - Ellul l'écrit dès 1952 et qu'elle est fabriquée par l'information avant de servir de support à la propagande. Il est faux de croire que plus l'individu est informé, mieux il résiste à la propagande. En outre, dans le cadre d'une société technicienne, et non pas, en soi, même l'information comporte une dimension aliénante.
La propagande est nécessaire pour le Pouvoir, mais aussi pour le citoyen. L'information dans une société technicienne étant forcément complexe, pointilliste et catastrophiste; la propagande ordonne, simplifie et rassure... Il s'établit donc une complicité entre propagandiste et propagandé... Le diagnostic tient en deux propositions: 1) pas de démocratie sans information mais pas d'information sans propagande ; 2) pour survivre la démocratie est condamnée, elle aussi, à faire de la propagande. Or, par nature, la propagande est la négation de la démocratie. L'objet de la propagande (la démocratie) tend alors à s'assimiler à sa forme (la propagande, par essence totalitaire), car l'instrument n'est pas neutre. Il n'existe pas de bonne ou de mauvaise propagande, au plan éthique, mais des propagandes efficaces ou non, au plan technique.
Mais la propagande, en supprimant la faculté de choisir, ne risque-t-elle pas de corrompre le fondement même de l'art gouvernemental ? Quelles sont les conséquences dans le champ politique du primat des moyens sur les fins ?

III-Synthèse personnelle :

. Jacques Ellul a donc travaillé sur plusieurs sujets ayant tous un rapport avec le problème de la technique et du progrès technique. En effet, l’écologie est difficile à respecter lorsque le progrès et le besoin de toujours plus apparaît. La technique (différents moyens de communication) a servi la propagande des divers régimes totalitaires. De plus, la technique est un moyen qui entraîne l’aliénation du travailleur et de la société car elle impose ses valeurs au sein de celle-ci et cette société est obligée de suivre le progrès au risque de se retrouver exclue. La technique et le progrès technique pose un réel problème car l’homme ne se contrôle plus vraiment et ne s’appartient plus mais appartient à une société en essor qui gère tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Travail réalisé par le quatuor de filles de TES1   Aujourd'hui à 19:27

Revenir en haut Aller en bas
 
Travail réalisé par le quatuor de filles de TES1
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cogito,entraide et échanges sur la philo :: Réflexions des élèves (par groupes ou personnelles) Archives :: Recherches 08-09 (travaux par groupes) :: Economie et écologie T ES1 mars 09 :: Synthèses-
Sauter vers: