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 dissert complète 1ère version TS1

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N. Vauthier (Admin)
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Nombre de messages : 393
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: dissert complète 1ère version TS1   Mar 2 Nov - 12:23

Dissertation version 1 TS1

Des spécialistes affirment que nous vivons à une époque particulièrement stressante. Cette pression permanente entraîne l'apogée de certains modes de vie prônant un certain bien-être tant physique que moral. Pour certains, la quiétude intérieur ne peut-être obtenue que par une bonne connaissance de soi-même. Mais peut-on réellement se connaitre soi-même ? Cette recherche de connaissance entraîne le sujet à réfléchir et à prendre conscience de certaines de ses réactions ou émotions qu'il tente par la suite d'expliquer. Se pose alors le problème de la capacité d'explication lié par exemple à la limite du langage ou à celle des moyens utilisés. Alors, sommes-nous réellement les mieux placés pour nous connaître ? Cette connaissance peut-elle être complète ? Peut-on ramener l'étude d'un sujet à celle d'un objet ? Enfin, est-ce seulement une question de capacité ? L'homme n'aurait-il pas peur de ce que cette recherche pourrait-lui révéler ? Dès lors a-t-il réellement la volonté de se connaître ?

"Je pense donc je suis", cette citation de Descartes permet de montrer que l'homme est capable de penser par lui même. Le "je", première personne du singulier, étudié par Kant, montre que chaque homme est par nature porteur d'une faculté exceptionnelle, qui le distingue de tous les autres êtres vivants. En effet, seul l'homme peut savoir ce qu'il pense ou ce qu'il ressent intérieurement : comme le dit Hegel, l'homme analyse "les nuances de ses sentiments". Ainsi, celui-ci peut non seulement penser, mais également se penser par lui même. Il existe différents procédés qui permettent à l'homme de se définir lui même, comme par exemple l'introspection. Ce moyen consiste à avoir un aspect critique, à pouvoir prendre du recul sur sa personne et ainsi analyser sa propre existence. L'homme peut donc prendre conscience de ce qu'il est réellement et se connaître extérieurement, comme l'énonce Hegel : "se reconnaître lui-même dans la forme des choses". Cependant, cette découverte de soi peut nous étonner ou même nous effrayer, "je ne connais pas de monstre et de miracle si exprès que moi-même" déclare Montaigne dans Les Essais. Finalement, l'homme cherche constamment à se tester et à trouver ses limites pour mieux aborder les nouvelles situations auxquelles il sera confronté. Dans cette quête des connaissances de soi-même, du "Je", on peut se demander si autour de nous "les autres peuvent nous connaître" et ainsi donner une définition de notre reflet et se faire une opinion de nous même.




L'introspection n'est pas la seule démarche pour se connaître soi même. Les personnes qui nous entourent peuvent également compléter cette analyse. Il arrive de temps en temps que le corps du sujet (expressions du visage) révèle inconsciemment ses sentiments. Ceux-ci sont alors visibles de tous. Les autres ont alors accès à l'inconscient du sujet ; ils peuvent ainsi capter les pensées, les problèmes que le sujet avait cachés. On peut prendre pour exemple une peine soit- disant refoulée après un décès. Une personne qui vient de perdre quelqu'un qui lui était cher peut penser qu'il a maitrisé sa peine. Et pourtant son chagrin peut s'afficher sur son visage. Ou bien il peut se mettre à pleurer sans comprendre pourquoi. Les autres peuvent également nous comprendre (connaître) grâce à nos actions. Jean Paul Sartre a dit : "Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même". Certains gestes nous sont inconscients ou habituels. Nous n'en prenons conscience qu'avec le regard des autres. On imagine alors quel serait leur jugement sur notre geste. Et là encore Sartre définit cette situation : " je reconnais que je suis comme autrui me voit". Le jugement hypothétique a un effet catalyseur sur notre personne : cela accélère la compréhension et l'analyse de nos actions. Exemple : un geste maladroit ou vulgaire qui précède un sentiment de honte après avoir croisé le regard d'une personne. Et enfin les inconnus peuvent se montrer bien plus objectifs sur le comportement d'un sujet. En effet cette objectivité est due à la non-connaissance de la personne. Ils n'ont donc aucun préjugé ou a priori sur la personne tel un ingénu. On peut alors dire que le fait d'être inconnu à une personne permet la clairvoyance sur sa façon d'être, sa personnalité. Et pourtant malgré cette impartialité l'opinion des autres a sa limite. Car ils n'ont pas accès aux motivations de nos agissements.


Si les autres entrevoient certains aspects de nous-mêmes qui nous échappent, peut-on, en rassemblant notre connaissance et la leur, accéder à une vision complète de nous-mêmes ?

La vision subjective de soi est l’analyse de nos pensées, de notre caractère qui est influencé par notre éducation, notre entourage, notre environnement, nos amis. Tout ceci n’est pas forcément réaliste. Le problème de l’inconscience peut se rapporter à la connaissance de soi. La connaissance de soi est dite inconsciente. En effet, notre perception de nous-mêmes est difficilement exprimable par les mots, car décrire un état d’esprit qui nous est propre se révèle souvent impossible. Selon Bergson : « Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toute parce qu’il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. ». Cela signifie que le langage établit un sens commun aux sentiments. Mais en ce sens, il est réducteur puisqu’il limite la multitude de perceptions résonnant de façon particulière en chaque être humain par des termes impersonnels et généralisant. Il est donc insuffisant pour exprimer la complexité des ressentis personnels. C’est pour cela que l’idée que l’on se fait de nous est irréfléchie voire inconsciente : nous nous percevons plus que nous nous définissons. De plus, a contrario du langage, qui est codifié, figé, nous sommes en constante évolution, nous ne sommes pas fixés dans notre façon de penser : nous nous découvrons sans cesse au fil de notre vie. Cependant, malgré cette évolution, notre inconscient nous cache une partie de la connaissance de soi. En effet il tend à refouler certains aspects de notre personne pour nous en donner une image nous confortant dans nos certitudes. Il peut cacher les défauts gênants ou peut au contraire nous inciter à nous dévaloriser sans raison réelle. Mais, excepté cet aspect, les refoulements de l’inconscient existent peut-être pour nous préserver de nos impulsions ?


Les autres n'ont qu'une connaissance visuelle ou imaginaire de nous, il suffit d'un détail inhabituel et nous voilà avec un caractère, une façon de vivre, de se comporter étiqueté, opposé à ce que nous pensons être. le regard d'autrui est nécessaire pour la découverte de soi-même. Le problème demeure dans l'apparence, si quelqu'un nous voit en de mauvaise posture, en circonstances gênantes, inhabituelles, ce quelqu'un s'empressera (pas toujours volontairement ) de se faire une idée, la plupart du temps fausse et variant selon son milieu de vie, de nous coller une étiquette lui permettant de nous classer. Sartre dit lui dans un de ces textes:" j'ai honte de moi tel que j'apparais à autrui " confirmant donc le fait que l'apparence est trop importante aux yeux des autres. Un simple regard et nous voila donc considéré comme un objet, sale ou propre, avec une utilité plus ou moins importante mais nous voilà sous forme d'objet. Lavelle défend lui ce qu'il est derrière son apparence :" il (l'autre) ne voit en moi que l'homme manifesté", il insiste aussi sur le fait que l'étranger ne verra pas plus loin que notre apparence, en oubliant l'homme que nous sommes derrière notre visage, avec nos états d'âme, nos valeurs, nos faiblesses, en oubliant l'essence de l'homme. Les limites de la connaissance de soi par le regard des autres sont donc évidentes, être considéré par notre apparence n'est pas toujours plaisant, voici donc une des principales raisons pour lesquelles l'homme effectue diverses modifications visuelles, voulant se donner une image représentant ce qu'il aimerait être au fond de lui. Les autres se fieront donc à cette image au lieu de voir le vrai visage de chacun.

La connaissance de soi rencontre donc des difficultés dans les moyens qu’elle utilise mais le problème ne se situe-t-il pas au-delà, dans le fait de chercher à connaitre un sujet ?

Afin d’expliquer le fonctionnement d’un objet, on l’étudie en respectant certains critères tels que l’objectivité. La connaissance de l’objet est alors totale, et son utilité n’évoluera pas, c’est-à-dire sa fonction, ce à quoi il sert, n’évoluera pas. D’après Sartre, « son essence précède son existence », ce qui signifie que l’objet a également une fonction préétablie. Au contraire, le sujet est un être pensant qui évolue sans cesse et dont « l’existence précède l’essence », c’est-à-dire qu’il est impossible de prévoir son futur. De plus, il serait impossible de rédiger clairement « la notice » d’une personne et d’expliquer son « mécanisme », ses réactions. Si on ne peut pas expliquer le fonctionnement d’un sujet on peut cependant le comprendre. Mais cette compréhension reste partielle et du domaine du subjectif et de l’intuition. En effet, à l’inverse de l’explication qui est unique et applicable à tous, la compréhension est différente pour chaque personne. Le verbe « comprendre »signifie : « pendre avec, saisir par l’esprit » ce qui veut dire que la compréhension dépend de l’esprit, elle est donc relative au sujet. De plus, la connaissance est une activité par laquelle l’homme prend acte des données de l’expérience et cherche à les comprendre ou à les expliquer. Par conséquent, on ne peut pas comparer la connaissance d’un objet et d’un sujet. D’après Schopenhauer, le sujet est « ce qui connait tout le reste, sans être soi-même connu ». On peut aussi se demander si, comme le pense Montaigne, au fur et à mesure de son introspection, le sujet n’est pas confronté à davantage de mystères, sans pour autant trouver les solutions à ses interrogations, et par conséquent que si cette recherche est infinie, contrairement à celle de l’objet.

La recherche de la connaissance de soi intéresse-t-elle vraiment l’Homme ? La connaissance demande énormément de volonté de la part du sujet. Si celui-ci ne souhaite pas se connaitre ou avoir un regard des autres sur lui, alors on peut considérer cela comme de la mauvaise foi. D’après Jean Paul Sartre, ce concept de mauvaise foi se traduit dans l’attitude par laquelle la conscience d’un sujet cherche à se tromper elle-même, se voiler pour éviter d’assumer ses responsabilités. C’est une manière d’échapper à l’angoisse (la peur de sa propre liberté) que la conscience peut provoquer chez la personne et ainsi dissimuler ce qu’elle fait et qu’elle est consciente que c’est elle qui le fait. On se forge une image qui a pour but de nous rassurer et d’une certaine manière de nous protéger. C’est une sorte de voile derrière lequel on se cache, derrière lequel nous sommes plus en confiance. Cette attitude d’esprit est une infidélité à sa propre volonté de vérité, un refus de reconnaitre ses actes, ses torts. Cette image façonnée permet au sujet de faire semblant, cela lui permet de repousser ses responsabilités et ses engagements au lieu de les assumer entièrement. La connaissance de soi peut alors être perçue comme un devoir par lequel l’Homme rechercherait ses défauts et tenterait de les combler ou tout au moins les atténuer. Cependant à force de rechercher en soi tous les défauts et toutes les qualités, le sujet pourrait en oublier son entourage et ne plus s’intéresser qu’à lui. Il deviendrait par ce fait égocentrique et narcissique.
En conclusion, bien que je sois le plus proche de moi-même, l'autre est indispensable pour que je puisse me connaître. En effet, le regard extérieur me pousse à prendre conscience de ce que je suis même malgré moi : nous sommes en constant apprentissage de nous-mêmes. Ainsi, l'image que nous reflétons à autrui nous oblige à nous remettre en question et à montrer au grand jour la réalité dont nous ne sommes pas conscients. D'autre part, on ne définit pas la connaissance d'un objet et celle d'un sujet de la même façon : la connaissance d'un objet est prédéfinie alors que la connaissance d'un sujet est toujours incomplète puisqu'il est capable d'agir en tant qu'homme libre et responsable. Enfin, l'homme en cherchant à se connaître montre un aspect narcissique de sa personne, une admiration de soi. Alors, "peut-on se connaître soi-même ?". Nous sommes tous capables d'apprendre à nous connaître si nous ne faisons pas preuve de mauvaise foi et si nous nous enrichissons de l'image que nous reflétons à autrui. Cependant, l'autre est incapable de me comprendre totalement du fait d'une extériorité indépassable.




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