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 texte d'ALAIN distinction artiste-artisan

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N. Vauthier (Admin)
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Nombre de messages : 393
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: texte d'ALAIN distinction artiste-artisan   Jeu 7 Mar - 16:14

Texte d'Alain sur la distinction artiste-artisan

Je vous conseille la lecture du cours très éclairant d'une professeure, SIMONE MANON, qui s'interroge méthodiquement sur ce qu'est une oeuvre d'art. On trouvera dans ce cours de nombreux éléments présents dans le texte d'Alain.

http://www.philolog.fr/quest-ce-quune-oeuvre-dart/

Voici les pistes autour desquelles s'articule la réflexion d'Alain :

Alain définit de manière comparative la technique et l’art. Il ne les oppose pas mais les distingue (« diffère » l.1).
La définition de la technique (ligne 1 à 7) : Alain parle ici de l’artisanat et non de la production industrielle (ici « industrie » est utilisé dans son sens général de technique, donc englobe l’artisanat).

La technique se définit par la prévision, l’anticipation. Toute technique est l’invention et la fabrication de moyens en vue de répondre à des fins (besoins, désirs). L’inventeur identifie le besoin, imagine les moyens pour y répondre (« l’idée précède » l. 1). L’idée « règle » la fabrication. Par exemple, dans le projet de construction d’une maison, le maître d’œuvre va se plier aux besoins, au budget du client ; Il va aussi tenir compte des contraintes matérielles (état du terrain, résistance des matériaux), des règles d’urbanisme, de sécurité. Tout cela doit être pensé, planifié avant le début des travaux (devis, autorisations). L’exécution n’est donc que le reflet fidèle de l’idée. Le hasard, la fantaisie n’a pas sa place dans la technique. L’objet réalisé doit être conforme au projet de départ.

Toutefois Alain apporte aussitôt une nuance à cette définition. Dans l’activité technique elle-même, il y a une part de créativité qui s’apparente à l’activité artistique. Ceci se produit « souvent » : Ici on retrouve la proximité antique entre l’art et la technique (technè, ars = savoir-faire). Lorsque la fabrication d’un objet commence, même si tout a été programmé à l’avance, des problèmes inattendus peuvent se présenter, des difficultés techniques imprévues qui obligent l’artisan à inventer une solution dans l’action elle-même donc à s’adapter ; Ici il doit se comporter comme un artiste càd que c’est son expérience elle-même qui va modifier le plan initialement prévu : C’est « l’œuvre qui redresse l’idée ». Mais dans le cas de l’artisan, cette invention en cours de réalisation n’est pas le mode de fonctionnement premier, c’est seulement une adaptation de l’idée de départ.
La définition de l’art (l. 7 à la fin) : A l’inverse, dans l’art, rien n’est prévu à l’avance, rien n’est planifié, mécanique. L’invention se fait dans la fabrication. L’activité intellectuelle, l’imagination n’est pas dissociée de l’activité manuelle. « Il est clair que » : Alain montre que l’œuvre de l’artiste se construit sans plan préalable. On peut imaginer que l’artiste a cependant un fil conducteur, une idée directrice (ex : Picasso, révolté, apprenant le bombardement de Guernica). Ensuite ce sont les matériaux eux-mêmes, des hasards de création (effets produits inattendus) qui vont faire évoluer l’œuvre. « L’idée lui vient ensuite » : Une fois l’œuvre achevée, l’artiste (comme le spectateur) peut prendre du recul par rapport à son œuvre, la considérer dans son ensemble et découvrir son sens, alors qu’il n’en avait pas conscience en la réalisant. Après cette prise de conscience, l’artiste peut alors construire un discours expliquant son travail, mais il n’aurait pas pu le faire avant le début de la réalisation (comme l’artisan peut le faire).

Alain va très loin dans cette distinction car il considère que « le génie … s’étonne lui-même » : cela peut signifier que l’œuvre est imprévisible, involontaire, que l’artiste en un sens n’est pas maître, pas conscient de sa création au moment où il la réalise. («pas d’abord en projet et ensuite fait »). L’artiste est spectateur de sa propre œuvre comme s’il n’en était pas lui-même l’auteur (idée d’inspiration divine ?).

Quelques pistes de réflexion : Réflexion possible sur la limite entre la technique et l’art. L’artiste n’est-il pas souvent lui-même un artisan ? Peut-on réellement dire qu’une œuvre d’art n’est pas « préméditée » ? On peut penser à des œuvres « pensées », dont la mise en oeuvre doit être prévue (mise en œuvre de matériaux complexes, projets de grande ampleur : ex les œuvres de Christo, « emballages » du Pont-neuf à Paris, du Reichtag à Berlin).

Réflexion envisageable sur la comparaison entre travail artisanal + artistique et travail industriel : cf l’analyse de Marx, de S. Weil. On peut par exemple reprendre la distinction entre « la cadence » deshumanisante du travail industriel planifié de l’extérieur et « le rythme » de l’activité artisanale ou artistique : Le rythme implique des silences, des temps d’hésitation. On peut faire le lien avec des formules comme « à mesure qu’il fait » ou « son œuvre en train de naître ». (références vues en T. L)

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