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 Les problèmes posés par la notion de normalité

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AuteurMessage
N. Vauthier (Admin)
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Nombre de messages : 393
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: Les problèmes posés par la notion de normalité   Jeu 8 Déc - 15:35

Normes et Normalité : Problèmes posés (lire d'abord les définitions dans le message précedent)

1) Concernant la normalité statistique :
Quels dangers présente cette idée ? Ne risque-t-on pas de la confondre avec une normalité idéale ?

Au départ la « normalité statistique » n’est qu’un CONSTAT
Ce constat n’est pas porteur de valeur.
Etre « de taille moyenne » c’est un fait, ce n’est ni bien ni mal.
Mais un « glissement » va se produire :
Peu à peu on va présenter cela comme un comportement qu’il FAUT adopter = UNIFORMISATION

Pourquoi ?
Car c’est le reflet de la MAJORITE « loi du plus fort » (loi du comportement le plus répandu). Désir d’étendre à tous sans exception son propre comportement.

Problèmes :
la « normalité statistique » n’est porteuse d’aucune valeur
elle est relative, changeante (par exemple, la taille moyenne évolue )



Inversement notre échelle de valeurs (notre conception de la normalité idéale) peut évoluer en fonction de la connaissance que nous avons sur le comportement (réel ou supposé) des gens.

Par exemple les médias peuvent jouer le rôle d’un « miroir grossissant » : en valorisant des cas rares, ils peuvent nous faire croire qu’il s’agit d’un comportement fréquent et nous faire modifier notre perception.

En simplifiant on finit par se dire :
« C’est courant » (c’est plus courant que je ne le pensais donc c’est « normal » donc « c’est bien ».


autre problème : Où sont les limites entre « moyenne » et « extrêmes » ? ! "être trop grand", "grand", "petit", "trop petit"....

2) Concernant la normalité idéale :
Qui en décide ? Selon quels critères ? De quels risques cette idée est-elle porteuse ?


On peut parler d’une « dictature » de la norme. On présente une normalité idéale (non fondée : ex : la minceur, qui ne correspond pas nécessairement à une norme fonctionnelle de bonne santé) que l’on impose (médias, pub…)

Cette normalité idéale est culpabilisante = il « faut » y ressembler même si c’est impossible (cf la minceur, la beauté, la « blancheur » = produits « blanchisseurs » pour les peaux noires).

En fait on impose sa propre norme en la présentant comme une valeur générale, d’où l’obligation pour les autres de s’y plier.

Cela peut porter sur des attitudes superficielles (mode) ou profondes (couleur de la peau, norme de l’âge dans le monde du travail : norme de la jeunesse)

Tyrannie de cette norme idéale (ex des jeunes filles qui iront jusqu’à l’anorexie pour correspondre aux modèles de minceur soit-disant « idéale » que les magazines leur proposent)

Injustice de cette norme :

elle peut conduire à l’irrespect des autres : ex du salarié compétent mais « trop vieux » (ici : norme absurde, compte tenu de l’élévation de l’espérance de vie… et malgré cela on serait « trop vieux » pour le monde du travail dès 45 ou 50 ans).

Elle peut aussi conduire au non respect de soi : (ex : nier son origine ethnique, sa couleur de peau pour ressembler au modèle de beauté de la femme blanche).

Problème de fond quand « la norme idéale » prétend aussi s’appliquer à la vie privée, à la sexualité :
manière de discriminer les gens
de sélectionner les « normaux » (ceux qui agissent conne nous) et de rejeter les « anormaux »(ceux qui ont d’autres modes de vie et qui nous dérangent).

3) La normalité idéale existe-t-elle réellement en elle-même ? Peut-on l’assimiler à la nature ? Peut-on dire d’un comportement qu’il est normal parce qu’il est naturel ? Conforme à la nature ?

(C’est souvent l’argument avancé pour rejeter l’homosexualité dans l’anormalité, la maladie)

Problème :

Est-ce si facile de définir ce qui est « naturel » en l’homme ?
En effet l’homme est « modelé » par la civilisation dans laquelle il vit : alors peut-on toujours discerner ce qui serait vraiment naturel ? C’est impossible (voir tous les travaux des ethnologues à ce sujet)
Inversement est-ce que « l’artificiel » ne peut pas lui aussi avoir une valeur ? (exemple de la famille : y-a-t-il « un » modèle « naturel » de famille ?)

La réalité humaine est faite de diversité, de richesse.
Chercher à imposer une norme, n’est-ce pas nier cette diversité ?

4) La normalité fonctionnelle :
En quoi s’oppose-t-elle aux deux autres formes ? A-t-elle aussi des limites ?


Exemples :
quelqu’un qui a un QI de 180 :
- est anormal (Normalité Statistique: c'est rare !)
- est normal (Normalité Idéale : modèle)
Il peut en fait être normal ou anormal (Normalité Fonctionnelle) selon qu’il a su ou non tirer profit de ses capacités.

Problèmes :

L’hyperadaptation peut devenir anormale si elle empêche d’évoluer et de s’adapter à des situations nouvelles.

Qui peut décider de cette normalité : exemple des problèmes posés dans le domaine médical : On peut actuellement (suite à un dépistage prénatal) savoir si un embryon est porteur d’une grave maladie ou malformation. On a alors le « choix » (difficile) de l’interruption thérapeutique de grossesse : Sommes-nous sûrs que cette malformation empêchera cet enfant de bien vivre ? Ne projetons-nous pas sur lui notre vision de la norme idéale (rêve de l’enfant parfait) et statistique (peur d’avoir un enfant « pas comme les autres ») ?.Peut-être arrivera-t-il à surmonter son handicap et à être heureux (normalité fonctionnelle) ?

Les problèmes sont nombreux. A retenir : Le danger d’emprisonner les autres ou soi-même dans une « fausse norme » à laquelle il faudrait absolument se conformer …. La « dictature » actuelle de la minceur me paraît révélatrice des dangers de cette notion : Pour être soit-disant « normal », on en vient à refuser ce que l’on est, à avoir honte de soi ….

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